
Contrairement au football, le rugby ne permet pas de maintenir le secret autour de sa composition d’équipe.
En Top 14, chaque formation est tenue d’annoncer son XV titulaire au plus tard à 18 heures, la veille du match. Cette règle, peu connue du grand public, répond à des nécessités pratiques ainsi qu’à un souci de transparence.
Une règle née à la demande… des journalistes
D’après les archives de la Ligue nationale de rugby (LNR), cette obligation a été mise en place il y a environ dix ans, suite à plusieurs épisodes marquants, notamment lors de la période Guy Novès au Stade Toulousain.
Les professionnels des médias, souvent mis en difficulté par des modifications in extremis, réclamaient plus de clarté :
« L’obligation de communiquer les compos la veille à 18 heures date d’une dizaine d’années et c’était une requête de la presse, qui se fondait notamment sur les épisodes Toulouse, époque Novès. Les médias voulaient éviter de travailler dans le vide, éviter de publier le portrait d’un joueur annoncé titulaire et qui ne l’était plus. En cas de non-respect du règlement, des amendes sont prévues. Mais aucun club n’a jamais été sanctionné. Il y a simplement eu des rappels à l’ordre », détaille L’Équipe.
Un ancien entraîneur ajoute :
« Vous imaginez le nombre de certificats médicaux de complaisance qui ont dû atterrir sur les bureaux de la Ligue… »
Des sanctions inscrites dans les règlements, jamais mises en œuvre
Le cadre réglementaire prévoit effectivement des pénalités financières en cas de manquement. Cependant, dans la pratique, aucun club n’a encore été puni.
« Il y a simplement eu des rappels à l’ordre », précisent les responsables. Un ancien coach ironise : « Vous imaginez le nombre de certificats médicaux de complaisance qui ont dû atterrir sur les bureaux de la Ligue… »
Une exigence liée à l’image et à la logistique
Au-delà de la lutte contre les fausses informations, cette règle s’impose également pour des raisons d’organisation : impressions des programmes, communication auprès des clubs, promotion des joueurs auprès des supporters.
Alors que le rugby cherche à accroître sa visibilité, elle permet surtout de limiter les imprévus désagréables.
En résumé, alors que le football entretient le suspense jusqu’à la dernière minute, le rugby a choisi la voie de la transparence, même si cela signifie renoncer à un certain avantage stratégique lié au bluff.







