
Alors que la Coupe des nations remplacera dès l’été prochain les traditionnelles tournées dans l’hémisphère Sud, les discussions entre la Fédération française de rugby (FFR) et la Ligue nationale de rugby (LNR) s’intensifient autour de la mise à disposition des internationaux.
Ce nouveau tournoi, qui verra les Bleus affronter le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie dès le 6 juillet, interviendra seulement une semaine après la finale du Top 14, soulevant de vives inquiétudes du côté des clubs.
Depuis plusieurs saisons, les joueurs cadres bénéficiaient d’un repos estival afin d’éviter la surcharge physique. Mais le président de la FFR, Florian Grill, veut désormais pouvoir aligner la meilleure équipe possible.
« On n’a pas envie d’y faire de la figuration », explique-t-il au Figaro.
Pour lui, la solution passe par une planification annuelle claire, afin d’équilibrer les charges entre Top 14, Coupe d’Europe, Tournoi des Six Nations et désormais Nation’s Cup :
« On ne peut pas imaginer que les 40 ou 50 meilleurs joueurs disputent tout. Ce n’est pas tenable. »
Une convention ou la règle 9
Face à la grogne des présidents du Top 14, Grill se veut apaisant :
« J’ai lu que les discussions étaient tendues. Ce n’est pas vrai. Avec Yann Roubert (président de la LNR), les échanges sont normaux. Le cœur du sujet, c’est la santé des joueurs et un équilibre financier cohérent entre le rugby pro, la FFR et les clubs amateurs. »
Mais derrière le ton diplomatique, la Fédération brandit une arme redoutable : la fameuse règle 9 de World Rugby, qui oblige les clubs à libérer les internationaux sur les périodes désignées.
« Soit on signe une convention, soit on applique strictement la règle 9. Dans ce cas, on pourrait aligner deux équipes, dont une face à des nations du tier 2, pour développer la marque “Les Bleus” à l’international. Mais on est plutôt dans l’esprit de trouver une solution via une convention qui agrée tout le monde. », avertit Grill.
Une redistribution à définir
Au-delà du calendrier, c’est la question financière qui cristallise les tensions. La FFR souhaite une redistribution accrue des revenus du rugby professionnel vers le rugby amateur, considérant qu’elle demeure la tutelle légitime du sport.
« La convention rappellera que la Fédération accorde une subdélégation à la Ligue. Il faut que tout le monde s’y retrouve, financièrement comme sportivement », prévient Grill.
En clair, derrière la volonté d’“harmoniser les calendriers”, se joue une véritable bataille d’influence entre la Fédération, soucieuse d’imposer sa marque à l’international, et les clubs, qui craignent une usure physique et une perte de contrôle sur leurs stars.







