Fin novembre, après la défaite à domicile de Soyaux-Angoulême face à Aurillac (15-20), le manager charentais Alexandre Ruiz a laissé éclater sa colère devant ses joueurs. Cette sortie verbale d’une rare intensité, captée par les caméras, est rapidement devenue virale.
Sans filtre, Ruiz avait lâché : « C’est à la limite de la honte ! C’est inadmissible envers nos supporters et nos partenaires. Mon cul on est ambitieux ! C’est une copie indigne d’une équipe de Pro D2 ! C’est catastrophique ! À la place d’aller en soirée et de vous mettre sur le toit, mobilisez-vous sur le terrain ! C’est nul à chier ! Vous avez été mauvais ! Ayez honte ! Allez saluer les gens et réfléchissez bien. »
Cette diatribe violente et frontale a immédiatement divisé l’opinion. Pour certains, il s’agissait d’un dérapage, pour d’autres, d’un électrochoc nécessaire dans un championnat où la pression du résultat est constante.
Quelques semaines plus tard, Alexandre Ruiz assume pleinement cette sortie. Dans les colonnes de L’Équipe, il confie : « J’avais besoin de dire aux joueurs ce que je ressentais. C’était naturel. J’ai utilisé mes mots et les mots qui me caractérisent. »
Face aux accusations de mise en scène ou de calcul médiatique, il balaie toute ambiguïté : « J’entends ici et là que c’est du théâtre, mais non. Je ne vois pas la caméra, elle n’est pas à côté de nous. Il n’y a que le mec du micro, mais il est derrière moi, je ne le vois pas. »
Pour lui, la spontanéité prime sur toute posture : « Je ne regrette pas. Ceux qui ont joué au rugby ont déjà eu des coups de klaxon comme ça. »
L’entraîneur revendique une approche humaine, loin des discours policés : « Le management, ce n’est pas en permanence se donner un rôle. Manager des êtres humains, c’est être aussi naturel et quand on me fait chier, on me fait chier. »
Et de conclure, avec une pointe d’ironie sur ce qu’il considère comme une alternative absurde : « Je n’allais pas dire : tu es en train de peut-être dépasser un peu les limites ! »
Voilà qui est dit.







