L’Aviron Bayonnais a subi une déroute spectaculaire ce samedi après-midi face à Montpellier lors de la 14ème journée du Top 14. Après avoir brillé à domicile tout au long de la saison, les Basques confirment leurs grandes difficultés hors de leurs terres en s’inclinant lourdement sur le score de 62 à 22.
Le manager bayonnais, Grégory Patat, n’a pas caché sa colère et sa déception dans une interview accordée à L’Équipe. « On s’est fait ouvrir… On n’était pas au rendez-vous des collisions, on a subi chaque impact. Face à une équipe qui a maîtrisé son rugby, on en prend 60. On voulait plaquer bas, les faire tomber vite mais on subissait tout, on s’est fait raser dans les rucks. Vous ne pouvez pas exister sans intensité. Montpellier nous a mis des rafales. Le score ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? »
Pour lui, l’ampleur de la défaite s’explique par une absence criante de ses joueurs sur le terrain. « Ils ont été absents. On sait que c’est costaud en face et on a regardé. On est souvent une équipe à réaction et là, on a pris tarte sur tarte. Quand vous êtes autant dominé sur les collisions, qu’ils jouent en avançant, c’est impossible. »
Le constat est sévère et englobe également le staff, que Patat s’inclut volontiers : « Ils n’ont pas été présents dans une intensité de match de Top 14. Il faut être réaliste, on s’est fait taper dessus. Quand vous subissez autant, vous êtes pénalisés, ils vont en pénaltouche et ils sont costauds. Personne n’a été au niveau, et je m’inclus dans ce constat. »
Le manque de densité dans le pack avant apparaît aussi comme un facteur clé de cette débâcle. « Peut-être que les matches à domicile nous coûtent beaucoup aussi. On gagne dans les derniers instants, on maîtrise moins notre rugby et on voit aujourd’hui (samedi) qu’on manque de porteurs. On fait des séquences de deux minutes mais elles sont stériles, on perd le ballon dans un ruck et ça fait essai contre nous. On manque de densité dans notre cinq de devant. On essaye de construire un autre rugby, avec du déplacement, mais ça demande beaucoup plus de justesse. »
Malgré ses attentes, Patat a vu une large majorité de joueurs manquer à l’appel sur le terrain : « Oui, on voulait être présent, on attendait du contenu, de l’investissement, de l’intensité. Mais en première période, mis à part Pascal Cotet – mais est-ce que c’est à lui de montrer la voie ? – tous les autres joueurs étaient absents. On ne maîtrise pas des choses simples, ce qu’a fait Montpellier en maîtrisant parfaitement son plan de jeu. Nous, beaucoup de monde est passé à côté et il a manqué cette connexion collective. »
Le manager bayonnais souligne aussi une fracture dans la cohésion du groupe : « Ça s’effrite, oui. On n’arrive pas à se connecter. On est un peu dans une crise de confiance, ça c’est sûr. Mais il faut continuer à bosser, que nos leaders prennent plus de responsabilités pour qu’on retrouve ce liant dans notre jeu qu’on est capable d’avoir. »
Depuis la fin novembre, « on est dans le dur, on est vraiment dans le dur. Le premier bloc avait été assez intéressant mais aujourd’hui, on n’arrive pas à mettre notre jeu en place. On n’a plus cette justesse, chacun fait sa petite faute et ça a des grandes conséquences derrière. »
L’Aviron Bayonnais doit donc impérativement se ressaisir pour éviter que cette spirale négative ne compromette sa saison.







