Recevoir le Stade Toulousain reste toujours un événement particulier, même quand le champion en titre ne présente pas tous ses cadres. Pour l’USAP, ce match de la 14e journée, samedi à 14 h 30 sur la pelouse d’Aimé-Giral, s’inscrit dans cette catégorie de rendez-vous à part.
Laurent Labit le résume simplement : un « match joker », à envisager comme un bonus potentiel plutôt qu’une obligation comptable.
Car Toulouse avance à toute vitesse. Avec six victoires consécutives en Top 14 et cinq bonus offensifs, les Rouge et Noir restent une machine bien huilée. Même privés de certaines stars, ils alignent des individualités de premier plan comme Peato Mauvaka et Emmanuel Meafou, tous deux titulaires pour ce déplacement.
Pourtant, un chiffre donne espoir aux Catalans : depuis la remontée de l’USAP en 2021, Toulouse n’a « jamais gagné à Aimé-Giral ». Quatre rencontres disputées, quatre succès sang et or, portés par une intensité, un engagement et une ferveur populaire toujours au rendez-vous.
« Il n’y a pas besoin de surmotiver les joueurs pour ce genre de match », confirme l’entraîneur des avants Mathieu Cidre. « Les gars savent ce qui les attend. Il faut être excité, prendre du plaisir et tenter quelque chose. »
En reconstruction, l’USAP affiche néanmoins des signes de progrès notables. Le contenu s’améliore, les repères sont consolidés, et la confiance revient. La victoire contre Clermont (26-20) a servi de déclencheur tandis que la prestation combattive à Toulon (31-16) a renforcé la conviction que le groupe avance, même si les récompenses tardent à venir.
« On avance dans notre process », insiste le deuxième ligne Mathieu Tanguy. « Ce sont des matches exceptionnels à jouer, surtout devant ce public. »
Ce public justement, fidèle et fervent, répond présent. Pour la première fois depuis plus de trois mois, Aimé-Giral affichera guichets fermés. L’attraction de l’adversaire, combinée à la dynamique retrouvée de l’équipe depuis la trêve européenne, a ravivé l’enthousiasme autour de la cathédrale catalane. Le mois de janvier s’annonce décisif avec notamment la réception de Montauban dans les esprits.
Malgré une infirmerie encore chargée, Laurent Labit assume ses choix, laissant certains cadres au repos. Un message clair : l’identité collective prime sur les individualités.
« Peu importe qui joue », tranche Tanguy. « Un match reste un match. Quinze contre quinze. Et dans certains secteurs, on peut leur poser des problèmes. »
Sans pression excessive mais avec la volonté de se mesurer à l’élite, l’USAP s’approche de ce choc comme d’un révélateur. Plus qu’un exploit, une opportunité de confirmer que le renouveau entrevu n’est pas qu’une illusion.







