Dans un Top 14 où chaque week-end bouleverse les positions, le LOU Rugby avance à contre-courant. En difficulté depuis plusieurs semaines, avec une seule victoire lors de ses sept derniers matchs, le club lyonnais aborde la phase retour déjà fixé à une place inconfortable. Douzième à l’issue de la phase aller, il est le seul club du championnat dont le classement est connu dès la première journée du retour.
Le constat est sévère. Relégué à huit points du groupe des qualifiés, le LOU conserve toutefois une avance rassurante sur le duo US Montauban – USA Perpignan, engagé dans la lutte pour le maintien. Mais entre ces deux extrêmes, la marge de manœuvre reste mince. Tout peut encore basculer.
Un virage décisif s’annonce avec la réception de la Section Paloise, lancée sur une dynamique impressionnante. Ce match constitue une véritable « dernière cartouche » pour les Lyonnais. Une victoire permettrait aux coéquipiers de Baptiste Couilloud de redresser la tête et de nourrir l’espoir d’un printemps prolongé. À l’inverse, un autre résultat risquerait de faire basculer la saison dans une zone de turbulences.
Le LOU a souvent manqué les tournants majeurs ces derniers mois. Les enchaînements de désillusions ont laissé des traces, avec une équipe qui perd en constance après l’heure de jeu. Cette faille physique et mentale pèse lourd dans les moments clés.
Le club lyonnais présente cette saison un « visage à deux faces ». Capable du meilleur comme du pire, parfois au sein d’un même match, Lyon oscille entre solidité et fragilité. Dès lors, il devient vulnérable dans les zones de combat et rend trop facilement le ballon.
Entre une touche irrégulière, des pertes de balle répétées et un jeu au pied d’occupation souvent réduit à une simple transmission à l’adversaire, le manque de possession est criant. La défense, malgré sa vaillance, finit par céder sous la pression, avec en moyenne « 30 points encaissés par match » lors de la phase aller.
Conscients de ces manques, les techniciens lyonnais ont identifié la clé du succès. AB Zondagh résume : « Pour battre Pau, on devra être capable d’inverser la pression grâce à la qualité de notre jeu au pied et nos efforts défensifs. » Il ajoute : « On a le potentiel pour être dangereux, mais on a besoin de retrouver de la confiance en nous et en notre jeu. »
Ce défi s’aborde toutefois sans Jiuta Wainiqolo ni Thomas Moukoro, les deux meilleurs marqueurs d’essais du club, absents pour suspension et blessure. Un handicap supplémentaire pour un LOU dos au mur, contraint de répondre présent sous peine de voir ses ambitions s’éteindre définitivement.







