Huit mois après une grave blessure au genou droit, Peato Mauvaka s’apprête à faire son retour à la compétition. Le talonneur international de 28 ans, fort de ses 42 sélections, figure sur le banc du Stade Toulousain ce samedi à Perpignan, marquant ainsi sa première apparition officielle depuis sa rupture des ligaments croisés survenue au printemps dernier.
Ce retour a été minutieusement préparé par le staff toulousain, qui a accompagné Mauvaka pas à pas. Virgile Lacombe, entraîneur, a expliqué vendredi : « Sa blessure a bien évolué, on est largement dans les temps. Il y a eu une période au cours de laquelle on a insisté sur le travail de renforcement du haut du corps pour le préparer à revivre les phases de conquête, la mêlée notamment. Il a ensuite été réintégré au fur et à mesure dans la partie collective : avec du séparé d’abord puis les entraînements à quinze contre quinze. Ça fait deux semaines qu’il participe pleinement aux séances. Il a peut-être eu un petit peu d’appréhension au début mais je pense que le fait de bien vivre ces semaines-là l’a rassuré. Tout va bien. »
Au-delà de sa condition physique, Mauvaka retrouve un contexte de jeu profondément transformé durant son absence. Cette période a permis à Julien Marchand de réaffirmer sa place, à Guillaume Cramont de s’installer durablement, et à Thomas Lacombre d’émerger comme une option crédible à haut niveau. Une densité inédite au poste que Mauvaka connaît parfaitement.
Le staff ne cache pas la nouvelle compétition au sein de l’équipe. Virgile Lacombe affirme : « Peato revient avec une forme de concurrence devant lui. Il sait qu’il va devoir de nouveau prouver, puisque c’est la loi du sport de haut niveau de retrouver sa place, d’être capable de faire de bonnes performances pour pouvoir jouer et redevenir titulaire. Maintenant, ça se fera progressivement. »
À un mois du coup d’envoi du Tournoi des Six Nations, la question du timing de son retour se pose naturellement. Sans précipitation, le Stade Toulousain ambitionne de remettre Mauvaka dans le bain rapidement. Lacombe précise : « Si dans les prochaines semaines, on arrive à lui faire acquérir un petit peu de temps de jeu et que lui continue à se rassurer, ce serait une bonne chose. Sachant que le garçon est compétitif, je ne suis pas trop inquiet quant à son envie de jouer. »
Si Mauvaka retrouve rapidement son meilleur niveau, la gestion du poste de talonneur pourrait devenir un vrai casse-tête… de luxe. Le staff assume pleinement cette situation, fidèle à une logique déjà éprouvée dans d’autres secteurs de l’équipe. Lacombe illustre : « J’ai envie de dire qu’on va gérer ça comme on le fait à tous les postes. En pilier, par exemple : ils sont quatre à gauche, quatre à droite. Ils sont presque tous internationaux. On est parfois obligés de récompenser des performances, parfois de remettre des joueurs sur le terrain parce qu’ils ont travaillé dur en interne et qu’ils le méritent. Tant qu’on aura de bons résultats, ce sera plus simple pour nous d’avoir cette rotation et de permettre à tous les gars de se montrer. »
Pour la fin de saison, les choix seront plus tranchés. « Comme on l’a tout le temps fait, ça dépendra de l’adversaire, des semaines d’entraînement, des combinaisons de joueurs ou encore du style de jeu qu’on veut mettre en place », conclut Lacombe.
Ce dilemme pourrait se poser dès la semaine prochaine avec un déplacement crucial sur la pelouse des Saracens. Mais pour Peato Mauvaka, l’essentiel est ailleurs : le premier pas est enfin franchi.







