La trêve ? Invisible en Top 14 pendant les fêtes de fin d’année. Alors que la plupart des sportifs professionnels profitent d’une coupure bien méritée, les rugbymen de l’élite française poursuivent leur marathon de matches. Depuis 2009, la Ligue Nationale de Rugby a instauré un « Boxing Day » à la française, visant à dynamiser une période traditionnellement calme sur le plan médiatique.
Cette semaine encore, entre festivités du Nouvel An et exigences sportives, les clubs jonglent avec les contraintes. Certains ont même programmé des entraînements dès le jeudi matin, juste après le réveillon. Un contexte anticipé par Ugo Mola, entraîneur du Stade Toulousain, qui n’a pas caché son impatience après la victoire contre La Rochelle : « Je suis désolé, ce n’est pas moi qui fais le calendrier. Alors, on ne fait pas une soirée de champions. Les champions du 31, notamment, vous pliez tout. Ça va cogner à Perpignan. On profitera plus tard. » Ce message clair, lâché sur la pelouse du Stadium, rappelle que la priorité reste la performance sportive.
Face à cette période exigeante, le professionnalisme des joueurs devient la meilleure garantie. Contrairement aux footballeurs de Ligue 1 qui bénéficient d’une pause d’environ deux semaines, les rugbymen doivent gérer ces fêtes comme n’importe quelle autre période de championnat. À Castres, le manager Xavier Sadourny se veut rassurant : « Aujourd’hui, je crois que les joueurs sont professionnels. La semaine dernière, ils savaient que nous avions un match très important contre Lyon avec peu d’entraînements ; là, c’est pareil avec le premier de l’an avant d’aller à Paris. J’ose espérer qu’il n’y aura pas trop d’écarts. »
Chez les promus de Montauban, cette réalité est une découverte. Le préparateur physique Cameron Ruiz insiste sur la nécessité de ne pas perturber les routines : « On doit mettre toutes les chances de notre côté pour bien attaquer cette phase retour. Il n’y a pas eu de gestion particulière envers les joueurs, pas de réunion. On a envoyé le planning normalement en sachant que ce serait forcément particulier mais qu’on n’avait pas le choix. »
L’objectif n’est pas d’interdire les célébrations, mais de limiter les excès et d’accélérer la récupération, notamment face au manque de sommeil inhérent aux fêtes. Ruiz assume : « On sait qu’ils ne vont pas se coucher avant minuit. L’objectif, c’est qu’ils soient capables de garder un bon rythme et de rapidement récupérer malgré le manque de sommeil. »
Sur la question de l’alcool, le discours reste avant tout préventif : « Il y a évidemment la question de l’abus d’alcool. Cela fait partie des restrictions. Ce que je préconise à ceux qui s’autorisent l’alcool, c’est de venir transpirer le lendemain. Il n’y a pas besoin de faire une grande séance. On ne prend pas de risque, on se met sur un vélo avec une petite résistance, on fait un peu de mobilité et c’est très bien. »
Au-delà des aspects physiologiques, la gestion du calendrier constitue un véritable casse-tête organisationnel. Si Provale a sanctuarisé le 25 décembre comme jour de repos, le reste de la période dépend des clubs qui, après trois à quatre jours off autour de Noël, font en général un retour rapide à l’entraînement dès le 1er janvier.
Clermont n’échappe pas à cette règle et conserve son jour de repos le mercredi, reprenant le travail dès le début d’année. Même approche au Stade Français, où les joueurs étaient attendus dès jeudi matin pour préparer la réception de Castres. Une stratégie assumée qui vise à préserver les routines et maintenir l’exigence… et à rappeler que, même en plein cœur des fêtes, le Top 14 ne s’arrête jamais.







