Samedi après-midi, l’USAP a créé l’exploit en s’imposant à domicile face au Stade Toulousain, provoquant une déception sévère pour les champions de France en titre. Perdus sur la pelouse de la lanterne rouge du Top 14, les Toulousains ont concédé une défaite inattendue.
À l’issue de la rencontre, le manager toulousain Ugo Mola s’est exprimé dans Midi Olympique, revenant sur ce revers. « Je crois que c’est un match un peu frustrant. Dans l’énergie, encore une fois, sur le jeu et sur le rugby produit par moments, voire de longs moments, notamment sur les 30 minutes de la première mi-temps. Et on remet la main sur le ballon un peu plus tardivement », a-t-il déclaré.
Selon lui, la supériorité physique de Perpignan a pesé dans la balance. « Je pense que Perpignan finit avec une équipe aussi avec plus de densité physique. Ils nous contestent, je pense, 6-7 ballons en seconde mi-temps. Je pense que les rucks sont le gros point noir sur le match. On est tellement obsédé par le jeu, parfois, qu’on en oublie les tâches obscures. »
Malgré cette défaite, Mola tient à saluer l’engagement de ses jeunes joueurs. « Je suis quand même assez fier de ce que font nos jeunes joueurs. Oui, il y a du déchet. Oui, il y a des fautes qui peuvent paraître un peu bêtes, parfois. Mais force est de reconnaître qu’en termes d’énergie et de rugby, il y a eu des choses intéressantes. Bravo à Perpignan de ne pas avoir lâché et de pouvoir se remettre en course pour peut-être lancer réellement leur saison. »
Il souligne également la qualité du rugby catalan : « Il y a un essai en première mi-temps sur un ballon récupéré. Franchement, ce rugby-là, il est enthousiasmant. Il est fait d’intelligence collective forte. Peut-être que dans des moments clés, on manque un peu aussi de cohésion collective sur les décisions, les choix. »
Sur le plan de la mêlée, Mola note une pénalité injustifiée : « C’est une mêlée qui est plutôt pénalisée aujourd’hui, alors qu’il n’y a pas une domination flagrante d’un côté ou de l’autre. » Il revient aussi sur le déficit offensif de son équipe malgré les 27 points inscrits : « Après, quand tu prends 30 points à l’extérieur, il faut en mettre beaucoup de points pour gagner. On n’était pas loin, on en est à 27, mais force est de reconnaître qu’il en manque un peu. »
L’entraîneur refuse fermement l’idée d’une « suractivité » de son équipe : « Le trop jouer, sachez bien une chose, c’est que le jour où vous me direz qu’on a trop joué, où vous m’entendrez dire que l’on a trop joué, c’est qu’on n’aura pas compris pourquoi on joue avec ce maillot et dans ce club. Trop jouer, c’est une connerie. Il faut continuer à jouer, encore plus. Je trouve même qu’ils n’ont pas encore assez joué. Le truc, c’est qu’il faut trier et être plus pertinent. Et ça, c’est développer son QI rugby. »
Il insiste aussi sur la jeunesse et le potentiel de son groupe : « Être un peu moins con, ça aide, même quand tu joues beaucoup. Mais vous savez, cette équipe-là, j’ai un peu suivi, regardé. Le Stade toulousain a fait tourner, etc. C’est avec cela que je jouerai les matchs de doublons dans quelques semaines. C’est avec cela qu’on devra recevoir Bayonne, aller au Stade français et recevoir Montauban. Ces gamins-là me donnent beaucoup d’espoir sur la suite. »
Concernant le choix de titulariser Kalvin Gourgues à l’ouverture, il explique : « Je pense que ce gamin, il est quand même un peu différent. C’est un bon joueur de rugby. Et que l’état d’esprit d’aller, avec peut-être les 20 ans de différence d’âge, aller défier Urdapiletta sur le premier ballon, je trouve que ce n’est pas mal. Donc, non, l’état d’esprit est top. C’est un garçon qui a été formé à l’ouverture. C’est une génération que je connais bien, que je suis depuis qu’ils sont gamins. Et aujourd’hui, il y en avait cinq, six sur le terrain. Et honnêtement, ils nous font plaisir. »
Sur le retour de Peato Mauvaka après une longue absence, le manager reste prudent : « On verra dans quelques semaines. Mais l’énergie du premier match, ce n’est jamais inquiétant. Le premier match, après huit mois ou neuf mois de blessures et de combats, ce n’est pas le souci. Ce sont les semaines qui vont venir. Après, il nous a montré des petites choses qui laissent augurer, je pense, et je l’espère, un Peato plutôt pas trop mal dans quelques semaines. »
Enfin, Mola déplore les conditions de préparation de son équipe : « Déjà, ça ne vous a pas échappé que depuis trois semaines, on ne se prépare pas. Puisqu’on ne s’entraîne pas. Puisqu’il y a quand même pas mal de festivités à gérer. Un calendrier un peu compliqué. Donc, on s’est vus deux fois un jour et demi. »
Ce revers face à Perpignan pose donc de nombreuses questions pour Toulouse, mais l’enthousiasme autour de la jeunesse laisse entrevoir une possible relance dans les prochaines semaines.







