Clermont a tenu son rang en s’imposant largement à Montauban (19-34) et en décrochant le bonus offensif. Emmenés par la puissance de leurs avants, les Auvergnats ont confirmé leur succès contre Bordeaux, retrouvant ainsi une place plus confortable au classement. Une victoire précieuse pour le manager Christophe Urios, qui se montre satisfait.
« Oui, mission accomplie. Mission accomplie, difficilement, dans le dur, mais je trouve avec autorité quand même. Ça avait tout d’un match piège. Après la grosse mentalité de la semaine dernière, je trouve qu’on est sur le même tempo. Avec des avants costauds, efficaces, c’est une victoire avec autorité. Si on avait été un peu moins indisciplinés à un moment donné, je pense que le match aurait été plus simple. Cet essai juste avant la mi-temps, leur redonne de l’espoir, évidemment. Mais bon, l’essentiel a été fait », analyse-t-il.
Après un mois sans grande conquête, Urios se félicite du regain de forme de ses avants : « Ça faisait un mois qu’on n’était pas très conquérants, en fait. Depuis la reprise. […] Depuis trois semaines ça va mieux. Mais même la semaine de l’USAP. […] Cette semaine, pareil. C’est plutôt bien. Et puis notre ADN, c’est ça. Le rugby, ça reste des avants forts. Aujourd’hui, on a mis cette équipe à genoux parce qu’on a eu des avants forts. Ce qui n’était pas le cas depuis la reprise, et notamment depuis le match à Lyon. Ça fait quinze jours qu’on a remis l’église au centre du village. »
Pour autant, le manager clermontois reste prudent sur la régularité de son équipe : « Je ne sais pas. Honnêtement, quand on a gagné à Montpellier, juste avant la trêve, on était très costauds. […] La défaite à Perpignan nous a ouvert les yeux. Parce que les mecs ne me croyaient pas. […] Cette défaite a été un électrochoc. […] Aujourd’hui, on est satisfaits de ce match. Satisfaits de cette victoire. Et de cette capacité d’enchaîner après une grosse performance la semaine dernière. C’est plutôt bien. J’espère qu’il n’y aura pas de trous d’air, qu’il faut continuer. »
Malgré un impact fort des avants, la production de jeu reste à améliorer : « Ce n’était pas évident. Les conditions, franchement, encore une fois, ne sont pas faciles. Il fait très, très froid. […] On s’est tellement senti costaud devant, qu’on ne voulait pas prendre des risques. Même si on en a pris. Parce que finalement, on les remet dans le match par notre indiscipline. Et par nos erreurs. Ce n’est pas un match léché. On n’était pas venu pour ça. »
Quant au terrain synthétique, qui aurait pu influer sur le style de jeu, Urios défend une approche pragmatique : « A 17-0, pourquoi pas. Quand il revient à 17-7, juste avant la mi-temps. Il y avait une espèce d’euphorie. On défend pendant 3-4 minutes. On se retrouve à 14. Il ne fallait pas changer. On n’est pas là pour montrer qu’on sait jouer au rugby. On est là pour gagner les matchs. Basta ! »
Le manager loue également la performance de son talonneur Barnabé Massa, auteur d’un triplé : « Les essais de Massa, j’aurais pu les mettre (il sourit). Non, je rigole. C’est un joueur qui est très bon sur les mauls. Parce qu’il ne s’agit pas de conduire le maul et de ne pas être bon. Lui, il est bon dans la conduite des mauls, il est malin, il est collectif. Donc pour moi, les essais sur les mauls, c’est surtout un essai collectif. […] Il est très, très bon sur les mauls. Il arrive à se filer dans les espaces, il arrive à sentir les pressions. Il travaille, il ne se laisse pas porter par le maul. Il pousse en fait. Et je trouve que c’est un des rares qui le fait. Il le fait plutôt bien. Donc on est content pour lui. C’est bien. »
Enfin, George Moala a aussi pesé dans cette victoire : « On ne l’avait pas pris à Perpignan parce que je sentais que le match de Sale, c’était son match de reprise. Il avait eu des difficultés physiques, mais c’était normal. George a besoin de jouer. […] On a laissé le week-end pour qu’il fasse un gros boulot avec les hors-groupes. Et ensuite, derrière, il a pu s’entraîner correctement de façon individuelle et autonome. Ça, c’était important. Il est en train de retrouver petit à petit un bon niveau. Ce n’est pas son meilleur niveau encore. Mais je trouve qu’il est en train d’amener de la présence au centre du terrain. Et nous, on est construit comme ça. Donc, c’est plutôt bien. »
Clermont semble donc avoir retrouvé ses forces vives, mais devra conforter ces acquis pour éviter toute rechute dans une saison qui s’annonce exigeante.







