La lourde défaite subie à Montpellier a rapidement déclenché une onde de choc au sein de l’Aviron Bayonnais. Vingt-quatre heures seulement après le sévère revers concédé dans l’Hérault (62-22) et les critiques cinglantes du président Philippe Tayeb, le club basque a procédé à son premier ajustement interne majeur.
La direction a décidé d’intégrer Jean Monribot au staff professionnel, comme confirmé dimanche soir par Ici Pays Basque. L’ancien troisième ligne de 38 ans, passé notamment par Bayonne, Agen et Toulon, devient co-responsable de la touche aux côtés de Stéphane Barberena, en poste sur ce secteur depuis près de deux saisons. Cette arrivée, longtemps refusée par le manager Grégory Patat, lui est désormais imposée.
En effet, cette intégration n’est pas une surprise. Elle avait déjà été discutée lors des réunions tenues en début de semaine au plateau Saint-Léon, avec les joueurs puis avec le staff. À l’époque, Patat s’était opposé à la mesure, invoquant « le mauvais timing » et sa volonté de conserver la maîtrise totale de l’encadrement. Mais le contexte a brutalement changé.
Un secteur ciblé, une pression assumée
Si la touche bayonnaise n’est pas en crise ouverte, elle soulève des questions sérieuses. Avec un taux de réussite de 79 % cette saison, en baisse par rapport aux 81 % de l’an dernier, l’alignement reste correct mais fragile, notamment en raison des absences prolongées de cadres comme Baptiste Chouzenoux, blessé depuis octobre, et celles à venir d’Esteban Capilla. Jean Monribot devra travailler étroitement avec Arthur Iturria et Baptiste Héguy, leaders naturels de ce secteur.
Une réunion est prévue ce lundi matin à l’AB Campus afin de clarifier l’organisation : répartition des rôles, contenu des séances, articulation entre les projets offensif et défensif, ainsi que le lien avec les joueurs clés de l’alignement. Selon Ici Pays Basque, Monribot conservera également ses fonctions auprès des Espoirs, le championnat Reichel étant suspendu jusqu’à fin mars.
Travers freiné, Tayeb temporise
Cette première mesure aurait pu être la première d’une série de changements. Très remonté après le fiasco à Montpellier, Philippe Tayeb envisageait initialement de renforcer largement le rôle de Laurent Travers, avec un contrôle accru de l’organisation des entraînements, de la stratégie et même de la composition d’équipe. Finalement, cette option a été écartée, sur les conseils du conseil d’administration, soucieux d’éviter de déstabiliser davantage un staff déjà fragile.
Le président a donc choisi une approche graduée, préférant garder des leviers en réserve en cas de poursuite des contre-performances, notamment lors des déplacements. L’arrivée de Monribot constitue ainsi le premier « signal » fort envoyé au manager Grégory Patat.
À Bayonne, cette décision marque un tournant. Ce n’est pas encore une rupture, mais une nouvelle ligne a été franchie. Reste désormais à savoir si cette retouche suffira à calmer la tempête… ou si elle annonce une recomposition bien plus profonde du club.







