Menée 11-21 à la pause par le Stade Toulousain, l’USAP n’a pas attendu que le match lui échappe totalement pour réagir. Quatre changements dès la mi-temps, tous en première ligne, ont immédiatement changé la donne.
Ignacio Ruiz, Peceli Yato, Joaquín Oviedo et Bruce Devaux sont entrés ensemble avec une mission claire : renforcer l’impact, ralentir Toulouse et imposer un nouveau rythme.
Le constat du staff était sans appel. « C’était nécessaire parce que les 20 dernières minutes de la première mi-temps n’étaient pas satisfaisantes : beaucoup de ballons rendus, des ballons perdus en mêlée, en touche, une pénalité vite jouée en touche directe… On a donné beaucoup de ballons faciles à Toulouse qui excelle là-dedans. On a donc décidé de coacher », explique Laurent Labit via L’Indépendant.
Si ce type de coaching n’est pas inédit à Perpignan – cinq avants étaient déjà entrés très tôt contre Clermont – la situation était différente cette fois. « Autant pour Clermont, on avait prévu un coaching avec six avants sur le banc et de grosses entrées. Autant, là, c’était juste nécessaire », reconnaît Labit. L’urgence a guidé la décision.
Le choix de placer certains joueurs sur le banc, notamment les deux Argentins, a cependant suscité quelques tensions. « Quand on a pris la décision dans la semaine de mettre ces joueurs-là sur le banc, notamment les deux Argentins, ils n’étaient pas très contents. Ils étaient plutôt énervés », confie le manager catalan.
Mais la logique derrière ce pari était claire : « Mais ce que je leur ai dit, c’est qu’on a besoin d’avoir ces joueurs internationaux à leur meilleur niveau. Si eux le sont, ça va amener les autres à un niveau supérieur. »
L’orgueil a fait le reste. « Aujourd’hui, ça nous a servis parce qu’ils étaient sûrement énervés », sourit Labit. Le contexte a ajouté une touche symbolique : « C’était l’anniversaire de Coco Ruiz aussi, donc tout était réuni pour qu’il entre bien dans le match. »
« Et ça s’est passé comme ça aussi avec Joaquín (Oviedo), Peceli (Yato) et même Bruce Devaux, qui a fait une très bonne entrée alors qu’il ne joue pas beaucoup ces derniers temps. Ces quatre joueurs ont vraiment changé le cours du jeu. »
En remplaçant Sama Malolo, Mathieu Tanguy (puis Jacobus van Tonder), Lucas Velarte et Giorgi Tetrashvili, les entrants ont non seulement tenu la baraque, mais porté l’USAP vers une victoire de prestige. Trois essais sur quatre ont été inscrits par des joueurs sortis du banc, confirmant une domination physique progressive et étouffant leur adversaire.
Cette profondeur d’effectif, longtemps remise en question, s’est révélée pleinement crédible dans cette rencontre décisive.







