La lourde défaite concédée à Montpellier a laissé des traces profondes à l’Aviron Bayonnais, bien au-delà du classement. Cette prestation catastrophique, soldée par un 62-22, a précipité une crise latente au sein du club basque, fragilisé par des résultats désastreux en dehors de Jean-Dauger. Désormais, un premier remaniement au sein du staff semble inéluctable, reflet d’un équilibre interne de plus en plus instable.
Depuis samedi soir, la tension est montée d’un cran. Entre le score humiliant face à Montpellier et les déclarations énigmatiques du président Philippe Tayeb sur Canal+, l’idée d’un changement a pris corps. « Laurent n’intervient pas dans le sportif… jusqu’à ce soir. Je ne peux pas en dire plus », affirmait-il, laissant planer un doute lourd de sens sur l’avenir de l’organigramme sportif.
En interne, la fracture est claire. La cohabitation entre Grégory Patat, manager de l’équipe, et Laurent Travers, arrivé l’été dernier comme directeur du rugby, n’a jamais véritablement fonctionné. Patat a toujours montré sa réticence à accepter un supérieur direct dans la hiérarchie sportive, alors que Tayeb espérait instaurer une complémentarité efficace. Pendant un temps, les succès à domicile ont caché ces dissensions, mais les déplacements ont fini par faire éclater la situation.
Les chiffres sont sans appel : sur sept matches à l’extérieur, Bayonne a encaissé plus de quarante points à six reprises. Cette hémorragie défensive place l’Aviron à la 12e place hors de ses bases, attisant l’inquiétude du président. « On ne peut pas prétendre jouer la qualification en prenant quarante-cinq points à l’extérieur. Ça fragilise tout le système. Un jour ou l’autre, on tombera à Jean-Dauger. Ça nous amènerait à perdre cinq ou six places », alertait Philippe Tayeb dès le 1er janvier, avant même le déplacement à Montpellier.
Face à cette situation, le président a décidé de prendre du recul en partant quelques jours aux Antilles, selon Midi Olympique. Avant son départ, il a multiplié les consultations au sein de son entourage et du conseil d’administration. L’une des pistes envisagées était de renforcer le rôle de Laurent Travers sur le terrain et les entraînements. Mais cette option a été rapidement écartée, plusieurs proches mettant en garde contre un affrontement frontal avec Patat, fermement opposé à céder son autorité.
La solution finalement retenue est plus subtile, mais tout aussi significative. Patat aurait accepté d’intégrer Jean Monribot, ancien troisième ligne de Bayonne et d’Agen, actuellement dans le staff des Espoirs, en lui confiant une responsabilité précise : la gestion de la touche. Ce poste, longtemps bloqué par Patat, devrait être officialisé dès le début de la semaine prochaine. Cette nomination, poussée par Tayeb et Travers depuis plusieurs semaines, marque un compromis sous contrainte, après deux refus nets opposés par le manager.
À Bayonne, cet ajustement n’est pas anodin. Il apparaît comme un premier signal d’alerte, dans un contexte où l’autorité du staff est clairement mise en cause et où la patience présidentielle s’épuise. Reste à voir si cette concession suffira à calmer les tensions ou si, au contraire, elle ne fera que retarder une décision plus radicale.







