Samedi après-midi à Aimé-Giral, l’USA Perpignan a signé une victoire majeure face au Stade Toulousain (30-27), bien plus qu’un simple succès sportif. Ce triomphe symbolise la métamorphose d’un groupe déterminé à reprendre son destin en main.
À dix minutes du terme, Toulouse semblait encore dominer la rencontre, menant 27-16 grâce à une jeunesse ambitieuse. Mais l’USAP, longtemps en proie aux doutes cette saison, a montré un visage radicalement transformé par rapport à l’automne dernier.
Ce retournement spectaculaire dans le dernier quart d’heure n’est pas un hasard. Il résulte d’une progression solide, nourrie par des performances récentes : la qualification face à Grenoble, la libération contre Clermont, et désormais ce succès contre un adversaire redoutable. Cette fois, Perpignan n’a pas attendu une faille, elle l’a créée.
L’essai de Peceli Yato à la 70e minute a lancé la dynamique. Celui de Joaquín Oviedo, inscrit au terme d’un ballon porté à la 75e minute, a fait exploser le stade. Enfin, l’interception d’Antoine Aucagne à quinze secondes de la fin a scellé une victoire « méritée », perceptible dans les gradins d’Aimé-Giral.
Dans le vestiaire, le capitaine Bruce Devaux résume l’état d’esprit : « Mentalement, on est mieux qu’en début de saison. Avant, surtout en deuxième mi-temps, on lâchait un peu. Là, on a repris le rythme, on est bien revenus et on a fait un gros match tous ensemble. Nous sommes restés soudés. » Un véritable symbole de la confiance retrouvée.
Cette victoire dépasse le simple cadre du match. Fin octobre, à Montauban, l’USAP s’inclinait sans réelle réponse collective. Trois mois plus tard, elle renverse Toulouse après avoir dominé Clermont, un contraste saisissant qui témoigne d’une réelle progression.
Face aux critiques sur la composition toulousaine, le manager Ugo Mola a mis les choses au point dans L’Indépendant : « J’ai un peu regardé ce qui se disait partout. Que le Stade Toulousain faisait tourner, faisait ci, venait avec une équipe remaniée. Mais c’est avec cette équipe que je jouerai mes matches de doublon dans quelques semaines contre Bayonne, le Stade Français et Montauban. » Ainsi, Perpignan n’a pas battu une équipe diminuée, mais une formation d’avenir.
Sur le plan comptable, ce succès est crucial. Après plus de trois mois à la dernière place, l’USAP quitte enfin la lanterne rouge. En battant Toulouse, elle inflige à son rival Montauban, qui a lui aussi chuté lourdement contre Clermont et Toulouse, un coup psychologique considérable. Résultat : deux points d’avance au classement et un avantage moral évident.
Le manager Laurent Labit assume pleinement cette nouvelle étape : « Si on veut se maintenir, ça passera forcément par des victoires, et pas attendre simplement le match du 13 juin. Si on doit avoir un match d’access, on voudra bien sûr le gagner. Mais, en tout cas, être repassés 13es à la fin de cette 14e journée, c’est déjà une grande satisfaction. C’est l’objectif qu’on s’était donné pour fin janvier. »
La réception de Montauban, prévue le 24 janvier, se jouera donc dans un contexte totalement différent. Cette fois, l’USAP ne sera plus l’équipe qui espère. Elle sera celle que tout le monde redoute. Et à Aimé-Giral, on sait désormais ce que cela signifie.







