Gérard Cholley, ancien pilier du XV de France et figure emblématique du Castres Olympique, livre un regard inédit sur la hiérarchie des cadres du Stade Toulousain. Sans avoir jamais porté le maillot rouge et noir, il connaît bien les racines du phénomène Antoine Dupont, né à Castres, et n’hésite pas à bousculer les idées reçues.
Arrivé à Castres en 2014 à seulement 18 ans, Antoine Dupont dévoilait déjà un talent brut, que Gérard Cholley avait rapidement repéré. « On sentait qu’il avait quelque chose de différent », confie l’ancien international à La Dépêche. Pourtant, Cholley nuance largement l’aura entourant le demi de mêlée des Bleus : « Est-ce que c’est le meilleur joueur du monde actuellement ? Le meilleur demi de mêlée, oui, mais mettez-le en première ligne et je ne suis pas certain du résultat », lance-t-il avec un sourire.
Dans un entretien sans détour, il va même plus loin en posant un regard décalé sur les véritables piliers du Stade Toulousain ces dernières années. « Pour moi, le joueur le plus important du Stade Toulousain ces dernières années, ce n’est pas lui mais Thomas Ramos », affirme Cholley, argumentant son choix par la constance et la fiabilité de l’arrière international. « Il est toujours là, rarement blessé et jamais il ne passe à côté d’un grand rendez-vous », souligne l’ex-pilier aux 31 sélections, ajoutant : « Et je ne dis pas ça parce qu’il est tarnais, hein ! »
Ce jugement s’appuie aussi sur le contexte récent. Sorti d’une rupture des ligaments croisés qui l’a tenu éloigné des terrains de mars à fin novembre 2025, Antoine Dupont a fait un retour remarqué face au Racing avant d’enchaîner cinq matchs, ponctués par trois essais, dont un doublé lors du large succès contre La Rochelle (60-14). Pourtant, pour Gérard Cholley, ce ne sont ni les éclats ni les statistiques qui définissent l’impact d’un joueur. « Il se jauge dans la durée, dans la régularité, dans la capacité à répondre présent quand tout brûle autour », explique-t-il, plaçant Thomas Ramos en véritable métronome des Rouge et Noir sur ce terrain-là.







