La défaite du Stade Toulousain à Perpignan (30-27) a bien dépassé l’enjeu sportif, déclenchant une vive colère à Montauban. Certains supporters montalbanais crient au scandale, accusant Toulouse de ne pas avoir « joué le jeu » en alignant une équipe largement remaniée à Aimé-Giral. Une accusation lourde de sens, mais difficile à justifier.
Certes, Ugo Mola a laissé au repos plusieurs cadres majeurs, et l’équipe alignée n’était clairement pas celle des grandes soirées européennes. Cependant, réduire la victoire de l’USAP à un simple cadeau toulousain est un raccourci discutable, surtout quand on se souvient que Toulouse avait déjà dominé Perpignan quelques semaines plus tôt à Sapiac (49-7) sans ses stars internationales.
À Montauban, le sentiment d’injustice est compréhensible au vu de la lutte pour le maintien. Mais les faits sont têtus : Toulouse n’a pas présenté une équipe « bradée » à Perpignan. Meafou, Mauvaka, Aldegheri ou Colombe figuraient bien parmi les titulaires. Plus important encore, les Haut-Garonnais ont perdu sur le terrain, face à une USAP qui a mérité sa victoire.
Si l’on compare les compositions, Jack Willis, Joshua Brennan, Matthis Lebel ou Cyril Baille étaient alignés contre Montauban, mais absents face à Perpignan. En revanche, Emmanuel Meafou, Dorian Aldegheri, Kalvin Gourgues, Peato Mauvaka et Georges-Henri Colombe étaient bien présents lors du déplacement à Perpignan.
La vérité tient plutôt à une gestion rigoureuse de l’effectif par le Stade Toulousain dans un calendrier épuisant, avec deux matches européens cruciaux à venir. Une stratégie assumée, comme l’a rappelé Ugo Mola, précisant que cette rotation se poursuivra lors des périodes de doublons, y compris contre Montauban.
Au final, parler de championnat faussé semble plus relever d’une frustration mal digérée que d’un véritable débat sportif. D’ailleurs, pendant que Perpignan s’imposait, l’US Montauban chutait à domicile contre Clermont.
Le verdict du week-end est clair : les rôles se sont inversés, et Montauban est désormais lanterne rouge. Place à un rendez-vous brûlant le 24 janvier à Aimé-Giral, où « les discours laisseront place aux actes ».







