Pendant un temps, le débat semblait clos. À l’automne, la blessure à la cuisse de Matthieu Jalibert avait mis fin à toute discussion autour du poste d’ouvreur chez les Bleus. Fabien Galthié pensait même avoir enterré le sujet avant les tests de novembre, soutenant publiquement Romain Ntamack : « Pour nous, il n’y a pas de sujet sur la performance de Romain. Si vous regardez dans les détails, vous verrez sa performance défensive ou sur les ballons aériens, sur la qualité du jeu au pied. Le problème d’un joueur qui est au milieu du jeu, c’est que quand les ballons ne reviennent pas sur la partie centrale, c’est difficile pour lui de mener le jeu. »
La victoire finale contre l’Australie avait achevé de faire taire les critiques. Le message était clair : Ntamack restait le patron.
Mais la donne a changé radicalement depuis. Match après match, Matthieu Jalibert est revenu en force. Il enchaîne les prestations solides, porte le jeu de l’UBB avec une constance impressionnante, prouvant qu’il a franchi un cap. Son talent, auparavant visible par éclats, s’impose désormais durablement.
Les chiffres du début de saison sont parlants. Malgré 111 minutes de jeu supplémentaires pour Ntamack, Jalibert pèse davantage dans le jeu. Cette différence est lourde de sens dans une saison aussi longue et exigeante.
Aujourd’hui, Romain Ntamack est contraint à une pause à cause d’une douleur au dos. Un contretemps, certes, mais aussi une opportunité de souffler avant le Tournoi des Six Nations.
En attendant, une évidence s’impose : depuis le printemps dernier, Matthieu Jalibert n’est plus le même joueur. Le débat n’est donc pas relancé par des paroles, mais par ce qui compte le plus : le terrain. Et cette fois, il sera difficile de l’ignorer.







