L’USAP crée la sensation en battant le Stade Toulousain lors de la 14e journée du Top 14, décrochant ainsi sa deuxième victoire de la saison. Ce succès, obtenu samedi à Aimé-Giral, revêt une importance capitale pour les Catalans.
Dans une interview accordée à *Midi Olympique*, le manager de l’USAP, Laurent Labit, affiche une grande satisfaction, rappelant la force de l’adversaire : « En face, c’était le grand Stade toulousain, la meilleure équipe d’Europe depuis longtemps. C’est une formation qui ne donne jamais rien, peu importe qui est aligné, qui ne perd que sept à huit matchs par saison et qui est habituée à avoir des compositions hybrides. En plus de ça, ils avaient un défi à relever parce qu’ils n’avaient pas gagné ici depuis 2018 et c’est le genre de challenges qui les excitent. »
Cette victoire, « importante dans notre construction », témoigne selon lui de la profondeur de l’effectif perpignanais. Il note qu’un tel niveau est indispensable pour maintenir le club en Top 14 : « L’USAP doit de toute manière viser des performances comme celles-là pour laisser le club en Top 14. »
Laurent Labit révèle également avoir pris des décisions radicales quant à la composition de son équipe, suscitant la colère de certains joueurs, notamment deux internationaux argentins. « J’ai particulièrement trouvé ‘Coco’ (Ruiz) énervé. Ce que je lui ai dit, c’est qu’on a besoin d’avoir des internationaux comme eux au meilleur niveau. S’ils le sont, ça ne pourra qu’amener les autres à un meilleur niveau. » L’entraîneur souligne que cette frustration a finalement servi le collectif, précisément lors de l’anniversaire de Ruiz : « Tout était réuni pour qu’il entre bien dans son match. »
Concernant la stratégie en cours de match, Labit admet avoir décidé de faire entrer des joueurs à la mi-temps pour inverser la tendance : « Les vingt premières minutes ont vraiment correspondu à ce qu’on voulait faire […] Mais les vingt minutes d’après n’étaient pas satisfaisantes pour nous avec trop de ballons rendus, des fautes en touche et en mêlée… On s’est mis dans une grosse difficulté. Il a donc été décidé de coacher à la mi-temps. Les quatre entrants ont changé le cours du jeu. »
Il insiste que la réussite de l’équipe ne repose pas sur les statuts des joueurs, mais sur leur capacité à mériter leur place : « Le maillot n’appartient qu’à l’USAP, il n’appartient pas aux joueurs. Il faut qu’ils aillent le chercher, qu’ils méritent de jouer. Les statuts, ça ne compte pas. Ce ne sont pas les statuts qui vous font rester en Top 14 ou gagner des titres. Il faut que les joueurs comprennent qu’on est à l’USAP. Ce n’est pas n’importe quel club. »
Cette victoire permet au club catalan de quitter la dernière place du classement. « C’est l’objectif qui était fixé : on avait annoncé qu’on voulait battre Clermont, le 20 décembre, et être 13e à la fin janvier. Ce n’est pas anecdotique même si on veut regarder devant. Bien sûr que c’est mieux d’être treizième que quatorzième. Mais si on veut le maintien, ça passera par des victoires, et pas seulement par attendre, éventuellement, le match du 13 juin. »
Laurent Labit évoque également la double échéance qui attend l’USAP avec la Coupe d’Europe : « Avec l’effectif que l’on a, il est possible de jouer sur les deux tableaux. Ça permettrait à tout le groupe d’avoir une émulation saine avec des joueurs qui vont trouver du temps de jeu. »
Enfin, le manager confirme le retour prochain de Posolo Tuilagi : « Oui, il aurait déjà pu revenir pour ce match-là. Mais comme il avait été alité la semaine de Noël et retardé sur ses entraînements, on n’a pas voulu prendre de risques. Mais il est prêt. Il a très bien travaillé. On a été, notamment moi, un peu dur avec lui. Franchement, sur ce qu’il nous montre actuellement, on le sent prêt et excité. »
Avec cette dynamique retrouvée, l’USAP entend bien capitaliser sur cette victoire majeure et se projeter vers un maintien assuré et une compétitivité affirmée sur la scène européenne.







