Pierre Mignoni savait que le déplacement à La Rochelle serait délicat. Très délicat. Dès le coup d’envoi au stade Marcel-Deflandre, la réalité a confirmé ses craintes. Aligné avec une équipe très rajeunie, le Rugby Club Toulonnais a complètement craqué, puni à la moindre erreur, incapable de rivaliser face à une équipe rochelaise lancée à pleine vitesse.
Au micro du diffuseur, le manager toulonnais n’a pas cherché à se dérober. Il a expliqué sans détour : trop de jeunesse, trop d’inexpérience, dans un championnat où le moindre faux pas se paie cash à ce niveau de la saison. « Avec autant de jeunes joueurs propulsés d’un coup sur le terrain, la marche était trop haute », a-t-il reconnu.
Ce choix, pourtant, était clairement assumé. Mignoni n’a jamais caché qu’il s’agissait d’une décision stratégique, tournée vers l’avenir. « Comme toutes les clubs, c’est une période de quinze jours avec très peu d’entraînements avec les fêtes au milieu. On a l’habitude de cela. Ce n’est compliqué sur nous et ce n’est pas du tout une excuse, mais nous avons dix-huit joueurs en moins. C’est une période difficile car nous avons quatre matchs par la suite qui vont être très importants. »
Le message est limpide : ce déplacement servait avant tout à préparer la suite. Le staff a choisi d’offrir du temps de jeu à de jeunes talents, une première véritable expérience du plus haut niveau, quitte à prendre une lourde défaite. L’objectif était aussi de ménager les cadres, de leur permettre de récupérer et de préserver de l’énergie en vue des échéances européennes.
Car justement, la suite occupe toutes les pensées au RCT. Face à l’enchaînement des matches de Champions Cup, Toulon n’a plus le droit à l’erreur, ni à domicile contre Munster, ni à l’extérieur à Gloucester. L’objectif est clair : se qualifier pour les phases finales et, si possible, disputer un quart de finale chez lui.
Cette correction reçue à La Rochelle ne remet donc pas en cause la trajectoire du club. Elle rappelle simplement une vérité : en Top 14, lancer des jeunes sans filet face à une machine aussi rodée, c’est s’exposer à beaucoup souffrir.
Ce soir-là, Toulon l’a payé au prix fort.







