La défaite du Stade Toulousain à Aimé-Giral contre Perpignan (27-30) n’a pas semé la panique au sein du club. Bien au contraire, ce revers a surtout permis au staff de mesurer la capacité de sa jeune génération à évoluer dans un environnement hostile et sous pression intense.
Sur le terrain catalan, l’absence des cadres s’est fait ressentir dans la gestion des moments difficiles, mais ce scénario était anticipé. Ugo Mola l’assume pleinement et se projette au-delà de ce match perdu. « Assez fier de ce qu’ont fait nos jeunes joueurs », a-t-il confié à La Dépêche, insistant davantage sur les enseignements pour l’avenir que sur la défaite elle-même.
Le manager a également balayé les critiques concernant une composition jugée trop légère. « J’ai un peu suivi, regardé : ‘‘Le Stade Toulousain fait tourner, fait ci, c’est une équipe remaniée…’’ », a-t-il répondu, avant de souligner l’enjeu réel : « C’est avec ceux-là que je jouerai les matchs de doublon dans quelques semaines. C’est avec ceux-là qu’on devra recevoir Bayonne, aller au Stade Français et recevoir Montauban. »
Il a salué l’engagement et le potentiel des jeunes joueurs nés en 2005 et 2006, à peine âgés de 19 ou 20 ans, qui ont tenu tête face à des adversaires expérimentés, « qui jouaient peut-être un peu plus qu’un match de rugby ». Leur prestation lui inspire un « beaucoup d’espoir sur la suite ».
Pour autant, la prestation n’a pas été parfaite. Le staff a repéré des « conneries », ainsi qu’un manque de justesse technique et tactique lors des moments clés. « Mais encore une fois, je ne peux pas les blâmer tant ils ont mis l’énergie et l’état d’esprit qui nous convient, en tout cas nous, staff et club », a tempéré Mola.
Les Toulousains ont été mis en difficulté au sol par une USAP en feu et ont payé cher leur incapacité à clôturer la rencontre alors qu’ils menaient encore 27-16. Ce revers est une leçon supplémentaire pour un groupe en construction. « On est tellement obsédés par le jeu parfois qu’on en oublie les tâches obscures », a reconnu le manager, sans renier l’ADN offensif du club.
Sur ce point, son message est clair et ferme : « Sachez bien une chose : le jour où vous me direz qu’on a trop joué, ou que vous m’entendrez dire que j’ai trop joué, c’est qu’on n’aura pas compris pourquoi on joue avec ce maillot et dans ce club. » Et de conclure, sans ambages : « Trop jouer, c’est une connerie. Il faut continuer à jouer. Encore plus, et je trouve même qu’ils n’ont pas encore assez joué. »
Lucide, Ugo Mola nuance toutefois son propos en pointant la nécessité de gagner en maturité et en intelligence de jeu : « Le truc, c’est qu’il faut trier et être plus pertinents. Et ça, c’est développer son QI rugby, ce n’est pas pareil. Être un peu moins con, ça aide. Même quand tu joues beaucoup. Et je pense qu’on a besoin de développer notre QI rugby. »
Avec la pause du Top 14 et l’enchaînement de la Champions Cup, la jeunesse toulousaine dispose désormais de plusieurs semaines pour grandir, apprendre et corriger ses erreurs. Pour le staff, ce match à Perpignan n’est pas un échec mais une étape assumée dans la construction du Stade Toulousain de demain.







