L’édition 2026 du Tournoi des Six Nations bouleverse le paysage audiovisuel français. Pour la première fois depuis plusieurs années, la compétition ne sera plus diffusée par un seul groupe. Ce changement inédit trouve sa source dans la situation financière de France Télévisions, contraint de revoir sa stratégie malgré un contrat récemment prolongé.
Diffuseur officiel jusqu’en 2029, le groupe public avait sécurisé les droits l’été dernier pour plus de 30 millions d’euros par saison. Mais parallèlement, France Télévisions doit réaliser un vaste plan d’économies à hauteur de 150 millions d’euros, une contrainte financière qui rend la situation intenable sans concessions.
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, l’avait annoncé sans détour dans les derniers mois : « faire des choix et revendre une partie de nos droits ». Cette orientation devient désormais une réalité.
Pour l’édition 2026, qui se déroulera du 5 février au 14 mars, neuf des quinze rencontres ont été cédées « à titre exceptionnel » à TF1, révèle L’Équipe. Parmi ces matches figurent deux rendez-vous majeurs du XV de France : la rencontre au pays de Galles le 15 février et celle en Écosse le 7 mars, deux déplacements clés pour les Bleus. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.
Ce partage des droits s’explique aussi par le calendrier chargé de début d’année. Plusieurs rencontres du Tournoi auront lieu en pleine période des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, organisés du 6 au 22 février, événement largement couvert par France Télévisions. Cette cohabitation rend difficile une programmation sur une même antenne.
Pour TF1, cette opération s’inscrit dans un plan stratégique plus large. La chaîne privée a récemment acquis les droits de la Coupe du monde 2027, de la Coupe des nations, ainsi que des tournées internationales d’automne et d’été pour la période 2026-2029. Elle confirme ainsi sa volonté de s’imposer durablement dans l’univers du rugby international.
En 2026, les amateurs de rugby devront donc naviguer entre deux diffuseurs pour suivre l’intégralité du Tournoi des Six Nations. Ce partage inédit illustre les nouvelles contraintes économiques du sport à la télévision, mais aussi l’importance croissante du rugby dans la stratégie des grandes chaînes généralistes.







