Dimanche à Londres, le choc de Champions Cup entre le Stade Toulousain et les Saracens revêtira une dimension particulière. Au-delà de l’enjeu sportif, c’est une histoire fraternelle qui se joue : Jack et Tom Willis s’affronteront sur la pelouse, chacun portant les couleurs de son club.
Dans la vie quotidienne, ces deux frères échangent presque tous les jours, partageant anecdotes, piques et récits de matchs. Mais dimanche, plus de téléphone ni de mots échangés en coulisses : c’est avec le ballon qu’ils devront s’exprimer.
Jack, l’aîné de 29 ans, croisera le fer avec son cadet Tom, 26 ans. Cette opposition reste rare : ce sera seulement la deuxième fois qu’ils se retrouvent adversaires, la première remontant à 2023 lorsque Tom évoluait à l’Union Bordeaux-Bègles.
Jusqu’en 2022, les deux joueurs ont fait leurs armes ensemble chez les Wasps, jusqu’à la disparition brutale du club. Ironie du sort, leur premier match côte à côte avait déjà eu lieu… sur le terrain des Saracens, celui-là même qui accueillera leurs retrouvailles dimanche.
« C’est un truc un peu bizarre, mais c’est aussi très cool de jouer face à ton frère pendant ta carrière », confiait Jack Willis en décembre. « Parce qu’on ne joue plus ensemble comme avant. Du coup c’est cool d’avoir l’opportunité d’être sur le terrain, même si ce n’est pas avec le même maillot, franchement c’est bien. »
Sur le plan sportif, les deux troisièmes lignes arrivent en forme. Jack Willis, élu meilleur joueur du Top 14 la saison dernière, s’est imposé comme un pilier du Stade Toulousain, souvent capitaine et titulaire dans quasiment tous les matchs cette saison.
Son frère Tom répond présent chez les Saracens, où il a débuté tous les matchs qu’il a disputés cette saison, témoignant d’une régularité impressionnante. Le duel promet d’être intense, au cœur du jeu.
« Peu importe, de toute façon, il faudra gagner. Il n’y a pas d’autres choix pour moi », lançait Jack à La Dépêche, conscient de la présence de la famille en tribunes.
Cette confrontation pourrait aussi marquer un tournant symbolique. La saison prochaine, Tom Willis quittera l’Angleterre pour revenir en France, en rejoignant l’Union Bordeaux-Bègles, un club qui l’avait déjà accueilli.
« J’aurai préféré qu’il vienne ici, à Toulouse, parce qu’il n’est pas facile à plaquer », plaisante Jack, toujours dans La Dépêche. « Mais rejoindre Bordeaux c’est bien pour lui, c’est son choix. Et pour moi, c’est génial car il va être plus proche. Je pourrais aller le voir en voiture et pas par avion. Ça change tout. »
Très attaché à la famille de son grand frère, Tom conserve un excellent souvenir de son passage en Gironde. Jack en est convaincu :
« Peut-être que le fait de se rapprocher de nous a aussi pesé dans la balance. Il sera plus proche de mes enfants. Mais aussi parfois dans le sport, tu cherches une expérience différente, un challenge différent et je pense que c’est le bon moment pour lui. »
Avant de se retrouver régulièrement sur les pelouses françaises, les frères Willis livreront donc une dernière bataille outre-Manche. Une rencontre qui dépasse de loin la simple victoire européenne.







