Le président de Clermont, Jean-Claude Pats, s’est confié en exclusivité à La Montagne, dressant un bilan mitigé de la première partie de saison de l’ASM Clermont Auvergne.
« A la fin de ce premier semestre, je dirais que rien n’est perdu, rien n’est gagné et que donc tout est encore possible en Top 14. En Coupe d’Europe, en revanche, c’est clairement une déception. Les deux matchs que nous avons joués ont été perdus, mais c’est surtout la manière dont nous les avons perdus qui est source de déception », admet-il.
Malgré ces revers, le dirigeant clermontois pointe des progrès dans le contenu de jeu. « Je constate tout de même que nous sommes en progrès par rapport à l’année dernière dans le contenu. Pour le dire, je ne m’appuie pas simplement sur des impressions mais sur des faits, sur des chiffres. Toutes les semaines, après chaque match, je reçois un tableau de bord dans lequel le jeu est décomposé en 21 indicateurs tels que les ballons portés, la longueur du jeu au pied, les touches gagnées, etc. »
« Quand je regarde ces statistiques, à date (sans compter le match à Montauban, ndlr), je constate un progrès. À la fin de la saison dernière, sur ces 21 indicateurs, il y en avait sept qui nous positionnaient parmi les quatre meilleures équipes du Top 14. Nous sommes passés à neuf cette année. Et s’il y avait neuf indicateurs qui nous positionnaient dans le top 6 l’année dernière, maintenant il y en a treize. Donc d’une manière objective, je peux dire que le contenu du jeu de l’ASM s’est amélioré. Mais ce n’est pas suffisant. »
Deux faiblesses majeures demeurent selon lui : la défense et l’irrégularité des performances. « Il y a deux points qui continuent de clignoter assez fortement. Le premier, c’est notre défense. C’était déjà le cas la saison dernière. On est aujourd’hui une des équipes qui marque le plus d’essais, donc c’est super. Mais en même temps, on est une de celles qui en prennent le plus. Donc au niveau de la défense, on a un chantier qui est ouvert et qui n’est pas encore traité comme il devrait l’être, même si on y travaille. »
« Notre deuxième faiblesse, c’est notre irrégularité. Sur cette première partie de saison, on a été capable de produire des matchs de très bon niveau. Et puis il y a eu quelques matchs où on était franchement pas à celui qui devrait être le nôtre. »
Les sifflets des supporters au stade Marcel-Michelin lors du match contre Sale n’ont pas laissé le président indifférent. « Nous avons la chance à l’ASM d’avoir un public de supporters absolument incroyable, la fameuse Yellow Army. Cette Yellow Army est en déficit ou en manque de performance de haut niveau, et ce depuis pas mal de temps. Tout le monde perçoit qu’il y a des choses qui bougent dans la bonne direction. Mais bouger dans la bonne direction est une chose. Redevenir d’une manière claire et évidente une des deux ou trois meilleures équipes du championnat en est une autre. On n’en est pas encore là aujourd’hui. Il y a donc une déception énorme qui s’exprime. »
« Certains le font de manière bruyante à travers des sifflets. Cela ne me fait pas du tout rire. J’ai pendant très longtemps été abonné en tribune Phliponeau. Des matchs qui se sont soldés par des sifflets importants comme ceux qu’on a attendus face à Sale, je ne pense pas en avoir vécu plus de cinq. Donc je comprends d’un côté l’espoir un peu déçu à très court terme d’un certain nombre de supporters. Mais je demande à tout le monde d’aborder ces moments avec calme. Encore une fois, ce championnat est très dur. Que l’on soit critiqué, challengé, que les gens nous disent qu’ils ne sont pas contents, c’est normal. Il faut l’accepter. Mais il faut que ça se fasse de manière respectueuse et constructive. »
Enfin, le président affiche une confiance totale envers son groupe et son entraîneur Christophe “Top14”. « Je le dis très officiellement : j’ai totalement confiance dans l’équipe, aussi bien les joueurs que le staff. Ma confiance s’appuie d’abord sur le collectif qui est très solide et sur l’humilité qui l’habite. Tant chez les joueurs que chez Christophe. Peut-être que c’est le Christophe que vous ne connaissez pas, mais moi je l’ai entendu plusieurs fois dire à ses joueurs que la défaite, il la prenait pour lui, qu’il avait fait des erreurs. Donc là aussi, sortons un peu des images un peu trop stéréotypées qui peuvent exister. Moi, ce que je vis à l’intérieur du club n’a rien à voir avec ce que certains veulent bien écrire ou décrire sur la base de je ne sais pas quoi. »







