Il n’a fallu que quelques mois à Nolann Le Garrec pour s’imposer comme le véritable chef d’orchestre de La Rochelle. Dimanche dernier, face à Toulon, dans une rencontre au score fleuve (66-0), le demi de mêlée breton a encore confirmé qu’il n’était pas venu pour apprendre, mais pour diriger.
Soutenu par un pack dominant, le joueur de 22 ans a su imposer son tempo avec précision, choisissant les moments clés pour accélérer le jeu et faire fonctionner une équipe à son image. Plutôt que de subir la puissance des avants rochelais, Le Garrec l’a utilisée comme levier pour ouvrir la défense toulonnaise et frapper là où ça faisait mal.
« On a respecté l’ADN de cette équipe et de ce club, qui ont construit beaucoup de leurs succès sur la conquête. Je ne l’apprends à personne, c’est plus facile de jouer derrière un paquet d’avants comme celui de ce soir », explique-t-il. Cette évidence, encore fallait-il savoir l’exploiter. Ce qu’il a réalisé avec justesse, lucidité et autorité.
Au-delà des chiffres impressionnants — deux essais, 24 points inscrits, un 7/9 au pied — c’est surtout sa maîtrise globale qui a marqué les esprits. Toujours proche du ballon, précis dans ses transmissions et agressif en défense, Le Garrec a aussi prouvé qu’il savait se montrer décisif sans jamais en faire trop. « Je prends beaucoup de plaisir, j’essaie de créer des connexions avec le maximum d’entre eux car il y a le défi physique qu’on voit, mais beaucoup ont aussi des qualités rugbystiques énormes », souligne-t-il.
La montée en puissance du jeune demi de mêlée n’a pas échappé au public de Marcel-Deflandre, qui l’a plusieurs fois ovationné. « C’est toujours plaisant quand tu as l’impression d’avoir donné satisfaction à un stade », confie-t-il, conscient d’avoir gagné bien plus qu’une simple rencontre.
Enfin, dans un entretien accordé à Sud-Ouest, Nolann Le Garrec a évoqué son amour pour le tir au but. « C’est quelque chose que j’aime. J’ai régulièrement buté, je le travaille, ça me tient à cœur, ça peut être une force. J’ai été plutôt en réussite, c’est bien », explique-t-il, à la suite de son exploit de 24 points dimanche. Son record personnel ? « Je crois que j’en ai mis 26, une fois. »
À La Rochelle, Nolann Le Garrec ne se contente plus de suivre le jeu, il le guide, le décide, l’assume. Match après match, il impose son leadership comme une évidence.







