Paris La Défense Arena change de mains : Jacky Lorenzetti cède son emblématique enceinte à Live Nation
C’est une page importante qui se tourne pour Paris La Défense Arena, l’un des lieux phares du sport et du spectacle en France ces dernières années. Son fondateur et propriétaire historique, Jacky Lorenzetti, président du Racing 92, a vendu l’enceinte au géant américain Live Nation, leader mondial de l’événementiel et producteur de tournées pour des stars comme Coldplay, Beyoncé ou Lady Gaga. Une cession empreinte d’émotion, mais aussi de nombreuses interrogations sur l’avenir de ce site multifonction.
Souffrant d’une lourde opération du dos, Jacky Lorenzetti a signé la vente depuis son lit d’hôpital. « Plutôt qu’une émotion qui remonte, c’est une larme qui descend », confie-t-il dans les colonnes de L’Équipe. « C’est quand même un peu l’œuvre d’une vie, un lieu qui me survivra. J’étais avec ma femme à l’hosto et j’ai hésité jusqu’au dernier moment. C’est émouvant parce que c’est quand même un peu l’œuvre d’une vie, un lieu qui me survivra. »
Après neuf ans d’exploitation, l’Arena quitte ainsi Ovalto, la société créée par Lorenzetti, pour rejoindre Live Nation. La transaction est encore soumise à l’approbation de l’Autorité de la concurrence.
En moins d’une décennie, Paris La Défense Arena s’est imposée comme un symbole du sport et du divertissement en France. Résidence officielle du club de rugby du Racing 92, elle a surtout marqué les esprits durant les Jeux Olympiques de Paris 2024, notamment grâce à la piscine éphémère installée dans l’enceinte, où le nageur Léon Marchand a brillé en remportant quatre titres olympiques.
Mais l’Arena ne se limite pas au rugby et à la natation : boxe, motocross, basket, handball… la polyvalence de l’enceinte en fait une scène incontournable pour toutes ces disciplines. Depuis l’automne dernier, elle est également la nouvelle adresse du Masters de Paris de tennis, avec un contrat signé jusqu’en 2035.
Cette vente soulève une question cruciale : le sport conservera-t-il sa place dans une enceinte désormais détenue par un groupe spécialisé dans le spectacle ? Jacky Lorenzetti tient à rassurer : « Le tournoi de tennis a un contrat de dix ans, donc il restera à l’Arena jusqu’en 2035. N’oubliez pas que Live Nation est impliqué dans la Formule 1 et le Moto GP via sa maison mère Liberty Media. » Ainsi, si les concerts restent au cœur du modèle économique, le sport devrait continuer à bénéficier d’un espace de premier plan. Le Tournoi de France de handball, prévu en préparation du Mondial 2029, est déjà programmé à l’Arena.
L’objectif initial de Jacky Lorenzetti lors de la création de l’Arena était clair : sauver le modèle économique du Racing 92, dont les recettes à Colombes étaient « quasi absurdes », comme il le rappelle avec humour, évoquant un ancien chèque à « quatorze euros » et la fameuse remarque : « Le Racing est le seul club où les joueurs connaissent les noms des spectateurs ». Il souhaitait attirer un public plus large, notamment familles et cadres de La Défense.
Mais le bilan reste mitigé. « Le bilan Racing-Arena est mitigé. Ça n’a pas pris comme je pensais. Le succès phénoménal des spectacles a englouti les espérances du rugby », admet Lorenzetti. L’affluence moyenne autour de 10 000 spectateurs et une acoustique plus adaptée aux concerts qu’aux chants de supporters ont freiné l’engouement. À ce jour, la seule fois où l’Arena a affiché complet pour un match de rugby reste le 22 décembre 2017, face au Stade Toulousain devant 30 000 personnes.
Construite malgré 23 recours administratifs, l’Arena a coûté plus de 350 millions d’euros, entièrement financés par des fonds privés. Frédéric Longuépée, président exécutif de l’Arena, souligne : « Une salle de spectacles qui se porte bien est une salle qui se vend bien. »
Avec ce changement de propriétaire, l’identité de la salle devrait rester intacte. Elle restera associée au rugby, aux Jeux Olympiques, aux concerts géants, et aux paris parfois gagnés, parfois manqués de Jacky Lorenzetti. Reste maintenant à voir si sous l’égide de Live Nation, Paris La Défense Arena continuera d’être un « lieu de sport majeur » ou deviendra avant tout un temple du spectacle.







