Antoine Dupont, de retour en tant que capitaine du Stade Toulousain après sa blessure, s’apprête à affronter les Saracens dimanche en déplacement dans un match crucial de la Champions Cup. Face à une équipe londonienne redoutable, le demi de mêlée sait que l’heure est à l’urgence après le faux-pas à Glasgow en décembre.
Interrogé sur le danger que représentent les Saracens, Dupont ne cache pas son respect : « On n’a qu’à regarder leur composition d’équipe, leur palmarès pour savoir que c’est une équipe redoutable. Ce qu’ils font cette saison à domicile, c’est assez impressionnant. Ils arrivent à scorer beaucoup d’essais. Avec les joueurs qu’ils ont, on sait qu’ils seront présents dans les grands rendez-vous. Et ça en est un. »
Pour le capitaine toulousain, la défaite n’est pas une option : « On rentre déjà dans un match quasi éliminatoire ou du moins qui nous mettrait en très mauvaise posture. On a tous eu beaucoup de regrets après ce match à Glasgow. À nous maintenant de montrer par notre état d’esprit la volonté de gagner et d’aller loin dans cette compétition. »
Cette pression, Dupont la ressent pleinement : « On sait qu’on a grillé un joker. Si on veut aller loin, il faut maximiser les points en phase de poule pour pouvoir recevoir le plus longtemps possible. On n’a plus le droit à l’erreur. Ça fait partie des facteurs de préparation cette semaine. »
Le Stade Toulousain sait que son adversaire est un ogre du championnat : « C’est une équipe qui compte cette saison. Ils reviennent après quelques années de restructuration avec des joueurs à leur meilleur niveau. Ce sont de grands joueurs expérimentés qui savent être bons dans les matchs importants. Ils ont un passé très fort dans cette compétition et veulent le faire valoir. »
Sur ses performances, notamment ses difficultés en fin de match contre Glasgow, Bayonne ou Pau, Dupont reconnaît : « Quand on regarde nos défaites à l’extérieur, on a souvent flanché en fin de partie. C’est surtout un manque d’énergie et d’enthousiasme, ce qui ne nous ressemble pas. On en a parlé, mais pour corriger cela, il n’y a que le match qui parlera. »
Le joueur assume pleinement son rôle de capitaine, un poste partagé avec d’autres leaders du groupe : « Pas de souci à être capitaine ou pas. Que ce soit Julien Marchand, Jack Willis ou moi, on partage ce rôle. Ça ne change pas grand-chose à ma préparation ou mon rôle dans l’équipe. Je me sens bien donc ça ne me dérange pas de retrouver ce rôle. »
Sur ses échanges avec l’arbitre, il précise : « Ça ne change pas grand-chose. En tant que demi de mêlée, j’ai déjà ce rôle de leader de jeu et du contact avec l’arbitre, même au niveau international où l’échange est plus facile. Ils sont toujours ouverts à la discussion. »
Revenu de blessure après un mois de reprise, Dupont confie que ce qui lui a le plus manqué « c’est juste de sentir mon corps qui va bien. C’est notre outil de travail quotidien. On ne se rend pas toujours compte de la chance d’être en pleine forme, alors qu’on joue souvent avec des douleurs. Avoir un genou qui ne fonctionnait pas pendant des mois, c’était pesant et frustrant. Retrouver mes capacités me donne liberté et plaisir, c’est un cercle vertueux, mais ça prend du temps. »
Parmi les menaces en face, Blair Kinghorn, qui pourrait jouer à l’ouverture dimanche, attire l’attention du capitaine : « Il peut jouer beaucoup de positions derrière. Physiquement, il est grand, costaud, rapide et athlétique. Malgré son gabarit, il a un bagage technique complet et une grande longueur de jeu au pied. Il porte aussi le ballon. Il est une menace supplémentaire et aime diriger le jeu. Il apporte de la densité physique et de la hauteur sur les ballons hauts, ce qui est une de ses qualités. »
Cette semaine, le Stade Toulousain a célébré les 30 ans de son premier titre européen, un symbole fort pour Dupont : « Ce club a une relation particulière avec cette compétition. On a été les premiers à la gagner et on en détient le record. Dès qu’on arrive, il y a une excitation spéciale de la part du staff, des joueurs et des supporters. On se prépare différemment, avec une énergie particulière. Avec ce groupe, on a envie de marquer encore l’histoire d’un club déjà très riche. La saison dernière, on n’est pas allé au maximum de notre potentiel, ce qui a été une grande déception sur la demi-finale perdue. Cette année, on aborde la compétition avec beaucoup d’enthousiasme. »
Le rendez-vous dimanche aux Saracens s’annonce donc décisif pour le Stade Toulousain, qui n’a plus le droit à l’erreur s’il veut rêver de nouveau du titre européen.







