Grégory Alldritt, troisième ligne du Stade Rochelais, s’est livré dans une interview accordée à *Midi Olympique*. L’occasion pour le joueur de revenir sur le prochain défi majeur de son équipe : la confrontation face au Leinster, ce week-end, lors de la troisième journée de la Champions Cup.
« On les connaît, ils ont cette chance d’avoir peu de turnovers, d’être une équipe qui se connaît très bien, d’avoir des automatismes. C’est un jeu qui est très huilé, une défense qui est très agressive. Et c’est quand même excitant parce que c’est une équipe qui est remplie de très grands joueurs. Ils ont recruté Rieko Ioane. Je pense que jouer le Leinster à l’Aviva, c’est ce que tout joueur de rugby aime. En termes de souvenirs ça en rappelle de bons et de mauvais, parce qu’on a gagné la finale là-bas, mais on en a pris 40 un ou deux ans après. Donc, à nous de faire en sorte que ça soit différent. »
Pour Alldritt, malgré toute la motivation, le Leinster reste le favori, notamment à domicile. « Clairement, même si c’est toujours pareil, c’est le jeu de favoris. Mais je pense qu’ils sont quand même favoris à domicile chez eux, comme peut-être qu’on serait favoris si on les recevait à La Rochelle. Ce qu’on veut, c’est sortir une prestation solide à l’extérieur. On l’a déjà fait en Top 14 sur quelques matchs, mais là on aimerait sortir une grosse performance pour confirmer un petit peu le week-end dernier et pouvoir se projeter ensuite sur une nouvelle semaine avec encore un petit peu de confiance et de sourire. »
Le joueur ne parle pas d’exploit mais d’ambition réaliste : « C’est dur de dire exploit parce que moi, j’y vais en pensant qu’on peut gagner. Maintenant, dire que ça sera facile, non, ça va être très dur. Mais ce que je veux, c’est que surtout on fasse un match solide, que ce soit en attaque ou en défense, qu’on respecte ce qu’on a travaillé durant la semaine, que ce soit compliqué pour eux de marquer des points. On se donne des challenges là-dessus, sans forcément parler de résultats. Mais oui, je suis persuadé que si jamais on est à notre niveau dans tous les domaines, on peut rivaliser avec cette équipe. »
L’enjeu est aussi de construire une dynamique plus stable : « Ce qui est indispensable pour nous, c’est de créer une dynamique. On a rarement eu un enchaînement de victoires ou du moins de bonnes performances parce qu’on a souvent enchaîné une belle performance à domicile avec une désillusion à l’extérieur donc c’est pour ça que je veux même pas parler de résultat. Je veux parler de contenu et qu’on soit costaud à l’extérieur, pour une fois. »
Interrogé sur le récent recul du Leinster en mêlée, Alldritt reste prudent : « On nous disait ça aussi avant d’aller à Toulouse, qu’ils étaient moins dominateurs sur les dernières semaines et on l’a payé cash. On s’attend à un gros match et une grande équipe de Leinster. Maintenant, on connaît aussi nos forces, on croit en nos forces et on a confiance dans notre plan de jeu établi par le staff. »
Le Stade Rochelais a d’ailleurs modifié ses entraînements en conséquence. « Oui, ça a été des changements d’organisation sur l’entraînement. Ça se passe plutôt bien. On a eu des contraintes, beaucoup de modifications, donc on n’a pas pu encore entrer dans une routine d’entraînement. Mais le contenu a un petit peu changé. Ça nous stimule, ça nous amène un petit peu de nouveauté, un petit peu de fraîcheur, donc c’est pas mal. »
Alldritt revient également sur la démonstration toulousaine en demi-finale du Top 14, concluant que « le match à Toulouse a clairement montré qu’on n’était pas prêts pour remporter le Brennus cette année. Malgré tout ce qu’on disait, on avait vu une classe d’écart entre une équipe qui est prête et une équipe qui n’est pas prête. Donc il faut forcément amener du changement, mais c’est le début, ça commence. Il ne faut pas penser qu’en une semaine, on transforme tout. »
Enfin, le joueur assure que l’excitation est toujours intacte à l’idée de retrouver le Leinster : « Non, il n’y a pas de lassitude. C’est comme au niveau international, si tu affrontes régulièrement la Nouvelle-Zélande, c’est génial. En plus d’aller à Dublin, à l’Aviva, il y a beaucoup de choses qui font que c’est hyper excitant comme match. Donc non, je ne ressens pas de lassitude, beaucoup d’excitation, beaucoup d’envie. C’est la magie de la Coupe d’Europe aussi. On retrouve des grands stades à l’étranger, avec un public qui va être un petit peu hostile. Il y a tout qui est réuni pour ne pas qu’il y ait de lassitude en tout cas. »
Le Stade Rochelais et Grégory Alldritt se préparent donc à un combat de haute volée, où chaque détail comptera face à l’une des grandes puissances du rugby européen.







