Ce vendredi, Midi Olympique revient sur l’un des recrutements les plus spectaculaires – et ratés – de l’Aviron Bayonnais en 2011 : l’arrivée du demi de mêlée international gallois Mike Phillips.
L’Aviron Bayonnais, club basque en quête de renforts majeurs, avait vu en Mike Phillips, alors considéré comme le meilleur à son poste, un véritable atout. Mais l’histoire tourna rapidement au fiasco, culminant avec le licenciement du joueur deux ans plus tard.
À l’origine, Bayonne visait Byron Kelleher, demi de mêlée néo-zélandais et champion du monde, qui avait même signé un précontrat. Mais le projet Laporte-Salagoïty destiné à faciliter son arrivée s’effondra. Le président Michel Caoucault confirma : « Nous lui avons envoyé une lettre recommandée pour qu’il vienne nous voir mais nous n’avons pas de nouvelle. » Le 7 juin, Byron Kelleher était libéré et rejoignait le Stade Français quelques jours plus tard. Bayonne devait alors activer un plan B qui devint plan A.
Le 13 juin, Midi Olympique officialisait l’arrivée de Mike Phillips, 28 ans et 42 sélections, une nouvelle recrue de prestige après des noms comme Rokocoko, Tialata ou Heymans. Alain Afflelou, récemment à la tête du club, joua un rôle crucial pour convaincre le Gallois de signer un contrat de deux ans avec option.
Après la Coupe du monde 2011, Phillips débarquait au Pays Basque dans un climat d’enthousiasme. Mais cet engouement s’estompa rapidement. Dès l’automne 2012, le joueur écopa d’une suspension de dix jours pour des « écarts nocturnes » liés à « l’hygiène de vie » et au « comportement extra-sportif ». Sur le terrain, Bayonne peinait, terminant à une modeste huitième place.
La situation dérapa définitivement le 11 octobre 2012. Après un succès en Challenge européen contre Grenoble (37-6), Phillips et deux coéquipiers se présentèrent à une séance vidéo en état d’ébriété. Ce comportement inacceptable provoqua la colère de la direction. Mise à l’écart, puis convoqué à un entretien final le 26 octobre, Mike Phillips reçut son licenciement.
Alain Afflelou qualifia cette décision de « difficile mais nécessaire ». Dans Sud Ouest, il lança : « J’avais beaucoup de respect et d’affection pour ce garçon… Je lui faisais confiance. C’est de la trahison. » Il résuma ensuite l’épisode en ces termes : « Ce qu’il a fait est inexcusable. Et ce n’est pas la première fois. »
Le lendemain de cette rupture, Mike Phillips reprenait l’avion pour Cardiff, en préparation de la tournée de novembre avec le XV du Poireau. Une fin de parcours paradoxale pour une recrue annoncée comme star et partie dans la tourmente d’un dossier disciplinaire lourd.







