Le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, s’est confié à La Dépêche ce jeudi à l’approche du choc de Champions Cup face aux Saracens, programmé dimanche. Il revient sur la difficile situation de son équipe après sa défaite contre Glasgow, tout en affichant une confiance mesurée.
« Aujourd’hui, on se retrouve dans une situation qu’on n’a pas connue depuis maintenant trois, quatre saisons, quasiment 2022, à savoir d’être en échec sur un match de poule. Cela nous donne aussi le niveau de la compétition, malgré qu’on veuille parfois la décrier. Et surtout le niveau de notre poule qui, avec Glasgow, Saracens et Sale, restait une poule plutôt costaud(e). »
Pour Ugo Mola, le Stade Toulousain a sous-estimé l’intensité du voyage et la qualité du jeu écossais, mais il reste conscient de la force de cette poule relevée : « On pensait s’éviter le plus dur en évitant le voyage en Afrique du Sud, et au final c’est le voyage à Glasgow (21-28, NDLR). »
Le technicien toulousain refuse toutefois de céder à la pression : « (Sourire) Je veux bien que vous cherchiez toujours des trucs incroyables. Non, non, il n’y a pas de pression. Il y a juste un match de Champions Cup contre une très, très bonne équipe. » Il souligne la montée en puissance du championnat anglais : « Le rugby anglais est en train de remettre du potentiel, beaucoup de joueurs, beaucoup d’équipes performantes à l’image de Northampton, Sale, Exeter, Saracens, Bath évidemment… »
La différence se jouera également dans l’adaptation aux conditions, insiste-t-il, après avoir peiné sur le synthétique de Glasgow : « À domicile, ils maîtrisent vraiment leur sujet et leur terrain. C’est un petit stade, avec une grosse prise au vent, avec un terrain assez étroit en termes de synthétique. Des éléments qu’ils maîtrisent depuis des années puisqu’ils y jouent depuis longtemps. Et nous, ce synthétique nous a posé des problèmes à Glasgow. »
Concernant l’ailier californien Caluori, véritable facteur X des Saracens, Ugo Mola préfère ne pas le cibler spécifiquement, mais admet son importance : « Ce n’est pas trop notre habitude d’identifier un joueur plus qu’un autre. Mais en tout cas, ce qui est évident, c’est que tu es obligé de prendre en compte la qualité de ce joueur-là et la qualité de l’organisation autour de ce joueur-là. »
Le manager évoque également le duel à venir entre les frères Willis, soulignant l’aspect particulier de cette confrontation familiale : « Jack a pris une importance évidente chez nous. Tom Willis va bouger de nouveau sur carrière en venant en France (à Bordeaux-Bègles, NDLR). On sent que Jack a évidemment envie de bien faire, mais j’ai l’impression qu’il a envie de bien faire autant contre son frère que contre ses compatriotes. »
Enfin, Ugo Mola déplore la faible implication de certains clubs dans cette compétition européenne : « C’est la perception de la compétition qui m’interpelle. Je n’ai pas trop de jugement, mais c’est vrai que ces derniers temps, je trouve que c’est une compétition où des joueurs internationaux sont mis au repos. C’est une compétition où les équipes ne se déplacent pas. Quand on voit l’acharnement dans les championnats nationaux pour se qualifier dans cette fameuse compétition, et le peu d’intérêt parfois que ça représente, c’est un peu gênant. »
Malgré les difficultés, le Stade Toulousain entend bien défendre ses couleurs et montrer son envie de briller sur la scène européenne : « Ces derniers temps, avec pas mal de soucis à gérer en interne sur la partie des blessures, sur l’extrasportif, etc., c’est aussi un moment pour nous important de pouvoir s’exprimer sur le terrain. »







