Secoué tant sur le plan sportif que structurel, l’Aviron Bayonnais se déplace à Leicester ce samedi à 21h pour la troisième journée de Champions Cup. Après une semaine tumultueuse marquée par sept défaites consécutives à l’extérieur et une lourde défaite contre Montpellier (62-22), le club basque cherche à sortir de la crise.
Face à l’urgence, le président Philippe Tayeb a pris le taureau par les cornes en renforçant le staff, avec l’intégration de Jean Monribot pour co-gérer la touche. Pour ce déplacement à Welford Road, l’effectif aligné est profondément remanié : plusieurs cadres sont laissés au repos, l’infirmerie reste fournie, et plus d’une dizaine d’Espoirs font leur entrée dans le groupe. Le résultat est secondaire, l’objectif principal étant de relancer une dynamique avant la reprise du Top 14.
Arthur Iturria, capitaine de l’équipe, résume l’état d’esprit actuel : « Il faut que l’on retrouve des connexions », confie-t-il à Ici Pays Basque. Le deuxième ligne met l’accent sur l’action plus que sur le discours : « On doit se reconnecter, retrouver les sensations de l’année dernière. Ce n’est pas en restant dans la plainte qu’on va avancer. »
Chez les joueurs, les responsabilités sont claires. Guillaume Martocq affirme sans détour : « À Montpellier, c’est nous qui avons fauté. Il faut se rassurer sur le contenu et sur notre état d’esprit. C’est à nous de nous remettre en question. » Pour lui, ce déplacement dans le froid anglais face à une équipe aguerrie est aussi une occasion idéale pour « resserrer le groupe et nous remettre dans un bon état d’esprit. Quand tu te retrouves dans une période difficile, c’est là que tu vois la force du groupe. »
La jeunesse bayonnaise sera également mise à rude épreuve. Baptiste Tilloles, 20 ans, fera équipe avec le jeune Boyle-Tiatia, 19 ans, à la charnière. Pour le demi de mêlée, « ce n’est pas le contexte le plus simple, mais c’est une opportunité de montrer ce qu’on vaut ». Leur priorité reste la même que celle du collectif : « Il faut qu’on se rassure sur les choses simples de ce sport : l’état d’esprit, la conquête. Il faut qu’on trouve une osmose de groupe, pour arriver face à Castres le plus prêt possible. »
Côté staff, la recherche des fondamentaux prime. L’entraîneur Gerard Fraser en liste les clés : « La discipline, la conquête, la gestion des temps… surtout à l’extérieur. » Il insiste : « Si on peut mettre de l’importance sur ça, au moins dans les 30 premières minutes… après, on ne sait jamais. » La venue de Jean Monribot apporte un nouvel éclairage. « Jean apporte une expertise. C’est un signe de remise en question, un renouvellement », souligne Fraser, tandis qu’Iturria estime qu’« c’est une vision différente qui peut nous permettre de progresser dans ce secteur. »
Le déplacement à Leicester ne s’annonce pas comme une simple formalité. Bayonne le sait, mais ce match intervient avant ce que le club considère comme son véritable premier objectif de la saison : la réception de Castres le 24 janvier au stade Jean-Dauger.







