Dimanche à Bordeaux, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) accueille Northampton dans un choc de Coupe des Champions programmé à 16h15. Avant même le coup d’envoi, tous les regards sont tournés vers Henry Pollock, le jeune troisième-ligne anglais de 21 ans, qui fait son retour en Gironde. La dernière fois qu’il avait foulé ce terrain, c’était lors de la finale de mai dernier, remportée par Bordeaux sur le score de 28-20. Un retour qui ne laisse aucun fan indifférent.
Pollock est un joueur qui suscite autant de passion que de controverse. Il aime cette agitation et ne s’en cache pas. Lors de la finale 2025, il avait été l’un des protagonistes majeurs d’un match tendu, marqué notamment par un accrochage avec Jefferson Poirot. Dans les vestiaires, les Bordelais n’avaient pas manqué de le conspuer en imitant l’une de ses célèbres célébrations provocantes.
Phil Dowson, le manager de Northampton, a anticipé une ambiance très hostile dimanche. Il a prévenu que Pollock allait recevoir un « accueil très laid », mais il refuse cependant de le mettre à l’abri de cette hostilité. Interrogé par L’Équipe, Dowson assume cette posture : « Je sais, parce qu’on en a parlé, qu’il a déjà pas mal pensé à ce match. Il comprend où il va mettre les pieds et, encore une fois, nous avons été clairs avec lui pour lui expliquer ce que serait l’accueil. Mais si vous voulez grandir, ce genre d’environnement, vous avez envie d’y être. »
De son côté, Pollock s’est tenu à l’écart de la polémique. Dans une interview au Times, il a affirmé que la finale était désormais du passé, qu’il ne nourrissait aucune rancune envers Poirot et que Bordeaux avait mérité son titre ce jour-là.
La division autour de Pollock tient surtout à sa performance sur le terrain. Dowson l’a rappelé sans détour : « Beaucoup de gens ont détesté David Beckham, beaucoup de gens ont détesté Owen Farrell, beaucoup de gens ont détesté Tom Brady… Parce qu’ils étaient bons. Henry est bon et doit continuer à l’être. » Son entraîneur souligne également son état d’esprit exemplaire : « Je n’ai jamais été obligé de le pousser à bosser ». Quant à sa présence sur les réseaux sociaux, où Pollock aime danser, chambrer ou célébrer avec excès, Dowson ne voit aucun problème, affirmant : « Et je peux très bien être un danseur sur TikTok et une super star du rugby… »
L’année 2025 aura été un véritable tremplin pour sa carrière. Dowson insiste : « Sa première véritable année en tant que joueur professionnel », qui a vu Pollock être sélectionné pour la première fois en équipe d’Angleterre par Steve Borthwick, marquer deux essais lors de sa première cape, jouer une finale européenne et être retenu par Andy Farrell pour la tournée des Lions britanniques et irlandais en Australie.
La saison 2025-2026 confirme ce niveau d’excellence : 11 matchs joués, 11 victoires, Northampton dominent le Championnat et sont co-leaders de leur poule en Coupe d’Europe avec Bordeaux (10 points chacun). Que l’équipe soit complète ou en rotation, Pollock brille systématiquement. À Bath, fin décembre, les Saints ont infligé un cinglant 41- points au champion en titre, grâce notamment à un doublé de Pollock et un triplé de Tommy Freeman.
Dimanche, Pollock pourra compter sur le soutien de ses cadres : Alex Mitchell, Fin Smith, Ollie Sleightholme et Alex Coles, géant de 2m07 âgé de 26 ans, désormais indispensable pour Borthwick. Un terme qui colle de plus en plus à Henry Pollock lui-même.







