Le talonneur du Stade Toulousain, Peato Mauvaka, a fait son retour sur les terrains après huit mois d’absence due à une lourde blessure. Dans un entretien accordé à Midi Olympique, il revient sur cette période difficile et son ressenti lors de sa reprise, face à l’USAP.
« Du soulagement et des papillons dans le ventre. J’avais envie de revivre ces moments de stress d’avant-match », confie Mauvaka. Habituellement peu stressé avant les rencontres, il reconnaît avoir ressenti une certaine nervosité, liée principalement à l’état de son genou. Mais une fois sur le terrain, « c’est vite parti ». Il a même été surpris par une longue course avec le ballon dès les premières minutes, une action qui lui a fait du bien et aidé à oublier ses inquiétudes.
La peur d’une rechute a également hanté le talonneur : « J’avais peur de rechuter. Quand tu passes huit mois loin des terrains, tu as cette appréhension. Ça arrive tellement vite… J’hésitais avant le match à le strapper ou pas. Je ne l’ai pas fait. Je me suis dit que c’était psychologique, que j’avais bien travaillé et que ça allait tenir. » Malgré une performance encore perfectible, notamment avec un genou droit moins fort que le gauche, Mauvaka se dit « heureux », même si son équipe a perdu.
Le joueur ressent encore une « petite gêne », mais pas de douleur. « Je me dis que ça va partir avec le temps. Le but est de redevenir aussi fort que sur la jambe gauche. » Il nuance cette reprise d’expérience d’un point de vue mental : « J’ai l’impression d’être un jeune qui débute. À Perpignan, il y avait beaucoup de jeunes dans l’équipe et j’étais comme un gamin qui jouait son premier match en pro. »
Les mois de rééducation n’ont pas été simples. Pourtant, Mauvaka a trouvé du réconfort auprès de sa famille, notamment de son fils : « C’était très dur les premiers jours. Mais j’ai eu tellement de chance d’avoir mon fils à ce moment-là. C’est là que tu te rends compte que ça va tellement vite. Je n’ai pas vu le temps passer… J’ai vu grandir mon fils. » Il ajoute, touché : « Quand je regarde les photos aujourd’hui, celles où il n’a pas encore de cheveux, je me dis que ça passe trop vite. »
Complètement coupé du rugby pendant sa convalescence, il a profité pleinement de ces moments familiaux : « Le premier mois, je faisais ma rééducation à Médipole le matin. Puis, je suis parti trois semaines à Capbreton avec ma petite famille. C’était l’été, je ne travaillais que la matinée… Maintenant, j’ai repris le rythme avec l’équipe. Le seul truc qui me manquait, c’étaient les soirées à l’hôtel avec tous les mecs, quand on mange ensemble, la vie de groupe. »
Un autre coup dur a été la blessure survenue juste avant la demi-finale de la Champions Cup, une rencontre que le Stade Toulousain a perdue. Mauvaka confie : « La demi-finale de Champions Cup a été difficile, car je me suis blessé durant la semaine de préparation. En plus, on a perdu. Je regardais le match, j’avais mal au genou et je me disais qu’à trois jours près, j’étais sur le terrain. »
Il a également vécu la finale de Top 14 en tant que supporter : « C’était la première fois que je n’étais pas sur le terrain, que j’y étais en supporter. C’était cool, même si j’espère que ça n’arrivera plus jamais. »
Le plus grand défi, selon lui, a été « de ne pas vouloir aller trop vite » dans sa récupération. Malgré une envie pressante de revenir avant le délai recommandé, il a dû apprendre la patience : « Le plus dur, c’est d’être en avance. Tu as l’impression que tu es au bout, mais il faut attendre six mois pour la cicatrisation. Moi, j’avais l’impression de pouvoir reprendre à cinq mois. »
Durant cette période, il a souvent échangé avec Antoine Dupont, qui a subi une blessure similaire : « On faisait souvent des séances ensemble, notamment de reprise de course. Normalement, on aurait dû retrouver la compétition à peu près en même temps, mais il l’a fait un mois avant moi. Juste avant de voir la sortie, je me suis un peu déchiré l’ischio, ce qui m’a fait couper deux semaines. Puis, j’ai dû recommencer à zéro. Mais si je me suis fait mal, c’était sûrement à cause d’une accumulation. Je ne devais juste pas reprendre avec Toto (sourire). »
Enfin, Mauvaka exprime son regret de ne pas avoir participé à la tournée d’automne avec l’équipe de France : « J’aurais aimé faire partie du groupe, c’est sûr. Et surtout jouer contre l’Afrique du Sud. C’est vrai pour les trois matchs mais j’avais un petit pincement au cœur contre les Boks. J’espère que j’aurai la chance d’en jouer d’autres avec l’équipe de France. Mais pour l’instant, il faut que je bosse pour retrouver ce maillot. »







