Clermont vit l’une des pires campagnes européennes de son histoire. Déjà éliminée après seulement trois journées de la phase de poules, l’ASM a été battue samedi dernier à domicile par Glasgow, scellant son sort. Le club auvergnat terminera dernier de sa poule, sans la moindre victoire ni le moindre point, un scénario inédit en près de trente ans de Coupe d’Europe.
Jusqu’à présent, Clermont avait connu des hauts et des bas sur la scène continentale, mais jamais un tel zéro pointé. En 2006 et en 2016, bien qu’écarté dès la phase de poules, le club avait toujours réussi à engranger au moins un match gagné et quelques points. Cette année, la défaite en Écosse porte à trois le nombre de défaites consécutives, sans bonus offensif ni défensif.
Le vestiaire ne cache pas sa déception. Face aux Glasgow Warriors, l’ASM avait une dernière occasion de sauver un peu d’honneur, mais la défaite a éliminé toute chance de qualification ou même de repêchage en Challenge Cup. Killian Tixeront, au micro d’« Ici Pays d’Auvergne », a résumé la situation sans fard : « C’est un échec. Ça tient à cœur au club de jouer la Champions Cup. À titre perso, j’ai toujours rêvé de la jouer donc c’est hyper frustrant. On a zéro point. Il faut se regarder dans un miroir et repartir au travail. »
Cette élimination est une double claque, sportive mais aussi symbolique. Pour les supporters, le choc est profond. Alexis Rabier, président de l’Interclubs, exprime le sentiment général : « C’est un retour sur terre qui fait mal. On s’est frottés au haut niveau européen et on voit qu’on n’a pas le niveau. Il faut vite tourner la page. » Depuis longtemps, la Coupe d’Europe représente à Clermont bien plus qu’une simple compétition : elle est un pilier identitaire, un terrain d’émotions intenses, mêlant parfois déceptions cruelles et moments grandioses. Quitter la scène européenne aussi précocement et sans transition vers le Challenge Cup est vécu comme une véritable rupture.
Reste désormais à se concentrer sur le Top 14, désormais seul objectif viable pour l’ASM. Certains y voient même un « mal pour un bien » : moins de matchs signifie moins de fatigue et de blessures, ce qui pourrait permettre au groupe encore loin de sa pleine forme de se focaliser pleinement sur la qualification en play-offs.
Il reste un ultime rendez-vous européen : un déplacement à Durban pour affronter les Sharks. Mais Christophe Urios a donné une nouvelle orientation à ce match : « C’est un stage de cohésion pour nous. On ira avec beaucoup de jeunes. Ça nous permettra de travailler sur le groupe. » Les Sud-Africains, eux, joueront leur qualification, tandis que Clermont tentera simplement d’éviter une campagne sans victoire, sans point et sans souvenir positif.







