Ce dimanche, le Stade Toulousain s’est incliné sur la pelouse des Saracens lors de la 3e journée de la Champions Cup, subissant ainsi sa deuxième défaite en trois matchs dans la compétition. Une désillusion majeure pour les hommes d’Ugo Mola, qui doivent impérativement battre Sale avec le point de bonus offensif pour espérer se qualifier.
Interrogé par Midi Olympique, l’entraîneur toulousain a analysé cette défaite en Angleterre. Il pointe notamment la perte du ballon contré sur Antoine Dupont comme un tournant : « Comme ça, à chaud, il me semble qu’à partir du ballon contré sur Antoine Dupont, on a du mal à sortir du camp et on s’est retrouvé un peu coincé dans le premier acte. Il devait rester dix ou quinze minutes, sur lesquelles on fait des fautes et on commence à entrevoir notre faiblesse ou notre fragilité. En tout cas, notre incapacité à tenir suffisamment le ballon. »
Malgré un retour de mi-temps plus favorable avec plusieurs occasions, Toulouse n’a pas su concrétiser. Ugo Mola constate également la supériorité des Saracens dans la maîtrise du match : « Le retour de mi-temps est plutôt favorable. On arrive enfin à avoir des opportunités. Au final, on a beaucoup d’opportunités, pas nettes, mais pour scorer. Et on ne score pas. Certes, c’était un match dans des conditions évidemment compliquées mais, comme Glasgow, les Saracens l’ont bien mieux maîtrisé que nous. »
L’entraîneur regrette la facilité avec laquelle les Anglais ont inscrit leurs points, malgré un nombre de pénalités supérieur au leur : « Oui. D’autant qu’ils ont été pénalisés plus que nous, qu’ils ont eu moins d’opportunités que nous. Pour autant, on prend vingt points. Je pense qu’il y a évidemment un essai de trop pour rivaliser. Et je crois qu’il y a 29 ou 30 turnovers de notre côté, donc il y a trop de fragilité et trop d’imprécision pour gagner un match à l’extérieur de ce niveau-là. »
Sans détour, Ugo Mola reconnaît que son équipe n’a pas le niveau attendu : « Il ne faut pas chercher plus de malaise que ça. On n’est pas bons, et à nous de baisser la tête, comme c’est souvent le cas, d’éviter de surinterpréter et de trouver peut-être des maladies qu’on n’aurait pas. Mais il faut prendre le temps de bien se regarder, puis de se remettre la tête en place dès le week-end prochain. »
Dans la perspective des prochaines rencontres, il demeure néanmoins confiant : « Oui, elle est évidemment faisable avec deux victoires. Force est encore une fois de reconnaître que notre poule était tendue et que nos deux matchs à l’extérieur sont à ce jour manqués. On est rentré un peu dans le rang, et certainement devenu ordinaire. Or, l’ordinaire ne suffit pas pour se qualifier dans les premières places de la Champions Cup. »
Ugo Mola souligne un déficit global sans pointer un secteur en particulier, déplorant un manque d’inspiration et de cohérence dans le jeu : « Il me semble qu’on craque un peu vite, c’est évident. Mais je ne vois pas un secteur plus déficient qu’un autre. C’est un tout sur lequel j’insiste. Je trouve qu’on est rentré un peu dans le rang, en tout cas sur notre rugby. Je ne nous trouve pas inspirés, et pas inspirants. Sur ce match-là, même si les conditions étaient compliquées, il y a quand même eu des opportunités pour marquer et trouver des solutions mieux que ce que l’on a pu faire. »
Malgré un engagement solide, ce dernier ne suffit pas selon lui : « Ce n’est pas évident. Il y a eu un gros engagement, même si ce n’était pas un match ultra-spectaculaire. Je ne peux pas reprocher à notre équipe de ne pas s’être engagée. Mais l’engagement ne suffit pas. Il faut un peu plus de maîtrise, un peu plus d’application, un peu plus de ballons. Et il nous en a manqué dans les moments clés, malgré le fait d’avoir eu ces occasions. C’est insuffisant au regard de la qualité qu’on doit être capables de produire. »
Le technicien tire la sonnette d’alarme concernant la suite de la saison : « On a perdu deux matchs à l’extérieur. En championnat, pour l’instant, ces fragilités ne sont pas aussi marquées que dans cette compétition. Factuellement, on fait deux matchs à l’extérieur qui ne sont pas de notre calibre, contre deux très bonnes équipes. Bravo à elles. On va se remettre, je l’espère, rapidement la tête en place pour exister un peu mieux que ce que l’on a fait. »
Enfin, il met en garde sur la difficulté du parcours restant : « On va attendre de voir ce qu’il va se passer. Après, il y aura toujours un tableau plus compliqué que l’autre. Mais, même en étant troisième ou quatrième, tu n’es pas à l’abri d’être dans un bon tableau. C’est ce qui est terrible dans cette compétition, il n’y a rien d’écrit. On se doit de se qualifier déjà, et à nous déjà de faire le nécessaire pour donner un peu plus le change sur notre rugby et sur notre capacité à faire des choses plus cohérentes. Sur ce match, je nous ai trouvés un peu pauvres à certains moments. »
Le Stade Toulousain devra relever la tête rapidement pour ne pas compromettre son avenir européen.







