Le Stade Toulousain encaisse une défaite lourde de sens à Londres. Battus 20-14 par les Saracens, les “rouge et noir” concèdent leur deuxième revers dans cette phase de poules après celui subi face à Glasgow. Une série de mauvais résultats qui les pousse au bord de l’élimination avant la dernière journée.
Antoine Dupont, leader incontesté du vestiaire et voix emblématique du rugby français, ne cache pas son inquiétude. Sans chercher d’excuses, il pointe du doigt une “baisse d’énergie” survenue après le premier essai anglais à la 30e minute. « Oui, il s’est passé quelque chose après le premier essai, on a eu une baisse d’énergie. Défensivement, on a été trop laxistes sur la deuxième partie de mi-temps, ils ont marqué des points facilement. Ensuite, on a été trop approximatifs, en conquête, notre discipline… Il y a beaucoup de choses qui ont été plus qu’imparfaites aujourd’hui et qui ne nous permettent pas de gagner ce match. »
Malgré un début de match prometteur, où Toulouse avait mis la pression sur les Saracens, l’équipe a craqué sur trois actions successives, révélant un manque de maîtrise inhabituel. Dupont souligne également des choix tactiques maladroits : « On a sûrement mal joué aussi stratégiquement. Il faudra revoir les choix qu’on a faits, les choix de jeu qui ont sûrement été mauvais aussi. Après, il y a eu une équipe en face qui nous a bien contrés aussi défensivement, ils ont réussi à avoir des plaquages dominants. On a eu du mal à mettre notre rugby en place. Et puis après, c’était un en-avant, une faute… Et on n’arrivait jamais à être en position de scorer au final. »
Le constat est accablant : malgré la possession de balle et la conquête, Toulouse n’a pas su convertir ses temps forts en points. Et à ce niveau de compétition, cette inefficacité se paie cash.
Mais plus que la défaite en elle-même, c’est l’aveu livré par Dupont qui fait froid dans le dos : « On n’arrive pas à hausser notre niveau de jeu, notre intensité de jeu, pour pouvoir gagner ces matchs de haut niveau. Et ça se répète plusieurs fois depuis le début de la saison, donc il va falloir qu’on soit capable de se regarder, de se dire les choses, de savoir pourquoi on n’y arrive pas, parce que c’est les mêmes joueurs qui ont gagné les années précédentes, donc il n’y a pas de raison qu’on n’en soit plus capable. »
Ce constat est plus qu’un simple coup de gueule. C’est un diagnostic clair, émanant du joueur le plus compétent et exigeant du groupe, sur une équipe en perte de repères.
Toulouse n’est pourtant pas encore éliminé. Mais la dernière journée à Ernest-Wallon, samedi face à Sale, sera une véritable finale. Pour espérer terminer deuxième de leur poule et éviter un tirage périlleux en phase finale, les Stadistes devront impérativement s’imposer avec le bonus offensif.
La Champions Cup ne fait aucun cadeau. Si le Stade Toulousain veut éviter que cette saison ne tourne au fiasco, il lui faudra rapidement retrouver cette intensité et cette agressivité dans le jeu, qualités indispensables pour faire mal à ses adversaires et redevenir une machine gagnante.







