La défaite du Stade Toulousain à Londres face aux Saracens (20-14) a profondément marqué l’équipe, qui vit un début de saison européenne inéditement difficile. Jamais cette génération toulousaine n’avait enregistré deux défaites en phase de poules de Champions Cup, après leur revers face à Glasgow (28-21). Cette contre-performance britannique confirme un démarrage inquiétant en Coupe d’Europe. La réaction est désormais attendue samedi à Ernest-Wallon, lors de la réception des Sharks de Sale.
Un revers qui pèse bien plus qu’un simple match de championnat. « Ce n’est pas juste un match de championnat qu’on peut rattraper facilement car on sait que le format est beaucoup plus long », confiait Antoine Dupont dimanche à La Dépêche. Le capitaine toulousain a reconnu l’impact lourd de cette défaite, alors que le rendez-vous londonien devait être le moment de rebondir après Glasgow. Cette réaction ne sera finalement pas au rendez-vous.
Dans le vestiaire, le silence est lourd de sens. L’ambiance est grave, les visages fermés, témoignant du choc subi.
Les Toulousains avancent pourtant des explications : l’hécatombe derrière avec les blessures de Barassi, Capuozzo, Ntamack, Mallia, Gourgues, Remue et Pouzelgues, rappelle un automne noir pour le club. De son côté, Ugo Mola note un manque de continuité dans la préparation : « Ça fait quatre semaines qu’on ne s’entraîne pas trop au regard des fêtes, des boxing days, des périodes de congés à donner, donc on court un peu après le temps. Et en même temps qu’on court après le temps, peut-être qu’on court un peu après notre rugby. » Pourtant, Toulouse a déjà connu ce calendrier chargé et a su le maîtriser par le passé.
Malgré une équipe composée « des mêmes joueurs qui ont tout gagné ces dernières saisons », comme le souligne Dupont, le visage affiché est bien différent. Ces champions peinent aujourd’hui à imposer leur rythme, leur domination et leur assurance d’antan.
Le constat est unanime : le groupe est affecté, principalement sur le plan mental. « On sait que sur ces quatre matchs, on n’a pas trop le droit à l’erreur et malheureusement, on a commis deux fois l’erreur », poursuivait le capitaine. « Cette contre-performance a beaucoup plus d’impact sur le groupe, mais c’est à nous de redresser la tête d’abord pour la semaine prochaine et si on arrive à se qualifier, de montrer un autre visage. »
Le prochain match sera décisif. Sale débarque samedi à Ernest-Wallon à 18h, avec un entraînement de moins qu’à l’habitude, rappelait Mola. Lors de la défaite à Londres, le manager avait lâché une phrase lourde de sens : Toulouse est peut-être « rentré dans le rang ». Les joueurs auront une semaine pour prouver le contraire.







