Le rugby professionnel français poursuit sa croissance spectaculaire. Selon une étude du Centre du droit et d’économie du sport (CDES), publiée mardi par la Ligue nationale de rugby (LNR), le secteur pèse désormais 1,33 milliard d’euros pour la saison 2024-2025, soit une hausse de 38 % par rapport à 2018-2019.
« On s’attendait à une croissance, mais nous sommes surpris par son ampleur », confie Christophe Lepetit, directeur des études économiques du CDES, dans les colonnes du Parisien. « Entre les deux dates, il y a eu la période du Covid où l’économie du rugby a été particulièrement affectée. Un tel taux de croissance est très important. »
Au-delà du chiffre d’affaires, le rugby professionnel est également un moteur d’emploi. Le secteur soutient aujourd’hui 5 133 emplois, une hausse de 26 % depuis 2019, incluant emplois directs, indirects et induits. Sur le plan fiscal, les contributions sociales et fiscales s’élèvent à 193,8 millions d’euros.
Le rapport entre le soutien public et le retour économique est particulièrement impressionnant : pour 1 euro d’argent public investi, soit 45,7 millions d’euros au total, le rugby reverse 4 euros aux finances publiques. Mieux encore, chaque euro investi dans un club de Top 14 génère en moyenne 16,20 euros de retombées économiques pour la ville ou le territoire concerné.
L’étude, qui repose sur une analyse détaillée des dépenses des clubs, des médias, des spectateurs et des collectivités, met en lumière la montée en puissance du rugby dans l’espace public. En 2024-2025, plus de 5,3 millions de spectateurs ont assisté aux matchs, un chiffre équivalent à 17 % de l’ensemble des concerts organisés en France durant la même période.
Sur le plan économique, le rugby se positionne désormais comme le deuxième sport collectif masculin professionnel en France, derrière le football mais largement devant le basket, le handball ou le volley. La discipline représente 66 % des produits d’activité hors football, et 13 % en incluant le ballon rond.
« Ces résultats sont marquants et l’on se rend compte de tout ce que le rugby apporte aux territoires », ajoute Christophe Lepetit. « Un club est une organisation non délocalisable. Il porte le nom de sa ville. Son impact sur le tissu économique local est significatif. »







