Plusieurs grandes nations du rugby ont adopté le système des deux ouvreurs sur le terrain, une tactique offrant davantage d’options pour la distribution et la gestion du jeu. En France, cette stratégie reste cependant marginale.
**Un dispositif longtemps boudé par le rugby français**
Associer deux numéros 10 vise à multiplier les zones de décision, déléguant ainsi la création du jeu et diversifiant les options offensives. Pourtant, malgré ces avantages théoriques, les sélectionneurs français ont rarement exploité ce choix tactique sur la durée.
**Les nations anglo-saxonnes maîtresses du double 10**
En Angleterre, ce dispositif s’est imposé durablement grâce aux tandems Wilkinson–Catt puis Ford–Farrell, ce dernier ayant brillé notamment lors de la Coupe du monde 2019. Du côté de l’Écosse, le principe se poursuit avec la génération actuelle incarnée par Finn et Marcus Smith.
**La Nouvelle-Zélande, pionnière du poste hybride**
Chez les All Blacks, cette approche remonte à plusieurs décennies via le rôle du “cinq-huitième”, ou deuxième ouvreur. Dan Carter a débuté ainsi aux côtés de Carlos Spencer, tandis que Richie Mo’unga et Beauden Barrett ont étendu ce concept au poste d’arrière, conférant plus de souplesse à la ligne arrière.
**Une mécanique qui fluidifie le jeu selon Damien Traille**
L’ancien international souligne l’intérêt de cet apport tactique : « Dans le rugby actuel, avoir un deuxième 10 offre des alternatives. Que ce soit pour le jeu au pied ou dans la distribution du jeu. C’est ce qu’avait voulu mettre en place Galthié en associant Ntamack et Jalibert, avec peu de réussite. Mais on ne trouve pas cette réussite dès le premier coup. » Pour Damien Traille, l’efficacité ne se développe pas en un match, mais sur la continuité.
**Le rôle du premier receveur déjà redistribué en France**
Dans le rugby français, le demi de mêlée exerce habituellement plus d’autorité que l’ouvreur, une hiérarchie qui limite le besoin d’un second créateur. À l’inverse, les nations anglo-saxonnes placent le numéro 10 au cœur de leur système de jeu.
**Thomas Ramos, un second ouvreur à part entière**
Ces dernières saisons, Thomas Ramos a souvent pris le rôle de premier receveur, malgré son poste d’arrière. Sa polyvalence lui permet de relayer naturellement le numéro 10, en club comme en sélection. Pour certains experts, sa présence diminue l’impératif d’associer deux ouvreurs de métier sur le terrain.







