Ce samedi, le Stade Toulousain reçoit Sale à Ernest-Wallon pour la 4ème journée de la Champions Cup, avec un objectif clair : obtenir une victoire avec le bonus offensif afin de sécuriser sa qualification pour les phases finales de la compétition européenne.
Dans une interview accordée à *La Dépêche*, le manager Ugo Mola s’est livré sans filtres, dressant un bilan lucide sur la situation actuelle de son équipe.
**Des absences qui pèsent sur les lignes arrières**
« Chaque saison offre son lot d’adaptation, de surprises et de capacité à avoir un chemin différent », explique Mola, soulignant les difficultés accumulées notamment en novembre, décembre et janvier, périodes où l’effectif est supposé au complet. Pourtant, cette année, « on a été impactés à des postes clés », ce qui perturbe la constance et la qualité du jeu. Il reconnaît une « ambivalence » persistante entre des résultats parfois impressionnants sur le score – 50, 60 points contre des équipes majeures – et un rugby « pas toujours abouti », marqué par des « trous d’air » coûteux lors des déplacements.
**Un match crucial comme un 16e de finale**
Le match face à Sale est plus qu’une simple rencontre de poule. « C’est un 16e de finale, clairement », affirme Mola. Il revient sur la défaite en huitième de finale face à cette même équipe la saison dernière et insiste sur la difficulté actuelle de son équipe à s’adapter collectivement face à des adversaires qui exploitent leurs faiblesses : « Ils marquent beaucoup trop comparé au passé, ce qui leur permet d’exister et d’espérer. »
Malgré des performances solides contre Lyon ou La Rochelle, le staff attend davantage d’adaptabilité. « On est en quête de solutions », insiste-t-il, mettant en lumière une remise en question permanente.
**Un adversaire redoutable**
Analyse tactique à l’appui, Mola décrit Sale comme « la meilleure défense de la compétition avec seulement 50 points encaissés », dans une poule relevée offensivement. Malgré les pertes majeures de joueurs comme Hill et Du Preez, l’équipe anglaise reste « très agressive, très physique, avec une pression constante dans toutes les zones d’affrontement ». Toulouse, qui a souffert dans ce compartiment face aux Saracens et Glasgow, devra impérativement élever son niveau.
**Changer de méthode après deux revers**
Face aux défaites contre Glasgow et Saracens, Mola admet qu’il est nécessaire de revoir la préparation : « Comment penser qu’on aura des résultats meilleurs avec la même méthode ? » La gestion de la fraîcheur physique et la capacité d’adaptation sont désormais au cœur des préoccupations. Il rappelle le contexte de l’an dernier où Toulouse avait su basculer le match contre Sale « à la 57e minute », soulignant ainsi l’importance d’être prêt à toute épreuve.
**Une phase difficile pour progresser**
Pour le manager, cette période compliquée est peut-être indispensable : « C’est terrible ce que je vais vous dire, mais je pense que c’était nécessaire. » Il refuse cependant de céder à la fatalité : « Je n’ai pas de signaux de baisse de régime, d’intensité ou d’enthousiasme », même s’il reconnaît que « ça ne fait pas tout ». Selon lui, gagner à haut niveau demande « des ingrédients », « des sacrifices » et un « niveau d’engagement » qui manquent parfois.
**Un état d’esprit à retrouver**
À la question de savoir si la pression pèse sur son équipe, Ugo Mola répond avec franchise : « La pression, c’est un terme de journaliste. » Pour lui, le doute fait partie intégrante de la haute compétition : « Les grands, les très bons, vivent avec cette pseudo-pression. »
S’il admet que la situation est « un peu compliquée », il valorise la chance de jouer dans un stade plein et face à un rival de taille. Le message est clair : quoi qu’il arrive contre Sale, le staff et les joueurs sont prêts à « remettre le bleu de chauffe » en championnat.
**Adaptabilité et remise en question au cœur du projet**
Face aux blessures et à la concurrence, Mola rappelle que « c’est le quotidien de tous les staffs », insistant sur l’importance d’une « quête permanente de solutions » et d’un staff actif et ouvert. Il cite l’exemple des échanges avec d’autres disciplines sportives, comme l’équipe de France féminine de handball, pour nourrir leur réflexion.
« On n’a jamais pensé qu’on était les meilleurs, mais on a toujours pensé qu’on avait la capacité à se remettre en question et à s’adapter », conclut-il, tout en dénonçant l’ambivalence entretenue par certains observateurs quant à l’hégémonie supposée du Stade Toulousain.
**Pas de dénigrement de la Champions Cup malgré les défaites**
Le manager refuse aussi de minimiser l’importance de la compétition européenne, malgré deux revers consécutifs : « On y accorde beaucoup, beaucoup d’importance » et assume « nos responsabilités ». Il rappelle les paroles de René Bouscatel : « Tout change en Coupe d’Europe », soulignant peut-être un déficit d’adaptation ces derniers temps.
**Une composition d’équipe assumée**
Enfin, Mola justifie son choix de reconduire Kinghorn à l’ouverture et Ramos à l’arrière, insistant sur le jeu d’équipe plus que sur les postes : « Le 10 et le 15 importe peu », car « c’est quand les deux touchent le ballon que ça produit du positif ». Il n’hésite pas à reconnaître que ce choix pourrait évoluer, toujours guidé par l’équilibre et la recherche de la meilleure formule.
En somme, Toulouse aborde cet affrontement décisif face à Sale avec une conscience claire de ses forces et faiblesses, la volonté d’évoluer et un esprit combatif intact. Le rendez-vous s’annonce crucial pour le futur européen du club.







