Longtemps apanage du service public, le rugby s’impose désormais comme un atout majeur pour TF1. En 2026, la première chaîne française révolutionne son approche du ballon ovale, offrant au sport une visibilité inédite, portée par des audiences qui commencent sérieusement à concurrencer celles du football.
**Une révolution télévisuelle sans précédent**
À la fin de l’année 2026, le bilan est clair : TF1 diffuse plus de rugby que jamais. Diffuseur historique de la Coupe du monde depuis 1991 et ancien partenaire d’Antenne 2 pour le Tournoi des 5 Nations entre 1975 et 1981, TF1 accélère désormais sa stratégie rugby à un rythme soutenu.
Le déclic semble venir du succès colossal du Mondial 2023 organisé en France : le match d’ouverture opposant les Bleus à la Nouvelle-Zélande a rassemblé 15,4 millions de téléspectateurs, dépassant nettement les 12,5 millions enregistrés lors du premier match de l’équipe de France de football au Qatar.
Toutefois, Julien Millereux, directeur des sports de TF1, appelle à la prudence, rappelant via Midi Olympique : « C’est toutefois compliqué de faire des comparaisons. La Coupe du monde de football ne se déroulait pas en France, ce qui a un impact. Ce n’était pas le même horaire et l’adversaire n’avait pas le même prestige. »
**Le rugby, champion du ratio « coût/audience »**
Sur le plan économique, la percée de TF1 repose sur un avantage stratégique évident. Alors que France Télévisions investit plus de 30 millions d’euros annuels pour conserver les droits du Tournoi des Six Nations, TF1 a su s’emparer des tournées d’été, d’automne et du futur « Nations Championship » pour environ 15 millions d’euros par an.
Un expert du secteur résume : « Le Tournoi a évidemment beaucoup plus de valeur en tant que compétition, mais le ratio coût/audience est extrêmement favorable pour TF1. »
Preuve de cette réussite, la chaîne a « réalisé un coup de maître » en rachetant à France Télévisions neuf matches du Tournoi des 6 Nations 2026 pour seulement 10 millions d’euros. Une aubaine d’autant plus visible lorsque l’on constate la surperformance du XV de France : en mars 2025, le rugby a attiré 9,5 millions de spectateurs, tandis que la Ligue des nations de football plafonnait à 5 millions.
**Une relation privilégiée et des horaires « parfaits »**
Au-delà des chiffres, TF1 bénéficie aussi d’une collaboration étroite avec les instances du rugby, en contraste avec le football. Fixer les coups d’envoi à 21h10 permet d’atteindre le pic d’audience idéal. « C’est parfait pour nous », confie Julien Millereux, qui regrette toutefois que le football ne suive pas cet exemple : « Mais les dirigeants du football ne l’ont pas fait ». Les matches de football débutent toujours à 20h45, et refusent obstinément de décaler l’heure à 21h10, comme le souhaiterait TF1.
**L’effet Isabelle Ithurburu et l’authenticité des joueurs**
Le dernier facteur clé de cette réussite tient à l’image positive et authentique véhiculée par les joueurs de rugby. Sous l’impulsion d’Isabelle Ithurburu, le rugby nourrit une proximité avec le public que le football semble avoir perdue. « Les Français s’identifieront plus facilement à des joueurs comme Louis Bielle-Biarrey », souligne Julien Millereux.
Néanmoins, le directeur sportif reste lucide sur les évolutions à venir : « Mais attention, ne sortons pas du contexte : si les joueurs de rugby sont plus spontanés, c’est que la sphère médiatique n’est pas la même. J’espère d’ailleurs que le rugby ne suivra pas les traces du football et conservera ce qui fait aujourd’hui sa force. »
Moins coûteux, fédérateur et en adéquation avec les attentes des annonceurs, le rugby ne se contente plus d’être un simple programme sur TF1. Il est devenu un véritable moteur de croissance pour la chaîne.







