La rencontre cruciale entre la Section paloise et les Bulls a été marquée par deux décisions arbitrales contestées, suscitant tensions et débats. L’arbitre anglais M. Dickson se retrouve au cœur de la polémique après des interventions jugées controversées.
À la 29e minute, alors que Pau mène 7-5, le maul sud-africain s’immobilise à huit mètres de l’en-but paloise. Le ballon reste visible entre les mains du talonneur Van der Merwe, sommé à plusieurs reprises de jouer sans réaction. C’est alors que M. Dickson intervient de manière inhabituelle : il frappe deux fois le joueur puis tire son maillot. Surpris, Van der Merwe sort du maul pour aplatir l’essai.
Laurent Cardona, ancien arbitre international, analyse cette séquence dans Midi Olympique : « M. Dickson est ennuyé, car il voit bien que le maul ne progresse plus et que la ligne de trois-quarts doit rester à dix mètres, puisque pour lui, la touche n’est pas terminée. Il tire le maillot du joueur, pas pour lui dire d’aller marquer, mais pour que le ballon sorte. D’ailleurs, je précise que le ballon était visible, aussi des Palois, il n’était pas enterré dans un maul bloqué. […] »
Cependant, l’ex-officiel dénonce une dérive grave : « C’était une mode notamment en Top 14, on tapait sur le joueur qui était plaqueur ou gratteur pour lui dire de lâcher le ballon. Mais c’était proscrit. On ne touche pas les joueurs, et on demande aux joueurs de ne pas toucher les arbitres. […] Cela doit être proscrit. L’arbitre n’a pas à tirer sur le maillot d’un joueur pour l’inciter. La voix doit suffire. Il est sorti du cadre et de son rôle. Après trois demandes d’utiliser le ballon, ce ne doit plus être son problème. »
Pour Laurent Cardona, cette intervention est « une forme de surpédagogie mal placée », incompatible avec les standards internationaux : « Les instances européennes ne laisseront pas passer un tel fait. Chacun doit rester dans son rôle. Les arbitres ne doivent pas toucher les joueurs, il a pris une place qui n’était pas la sienne. »
Plus tard, à la 73e minute, un second épisode soulève des interrogations. Sous une pression intense, les Bulls poussent à cinq mètres de l’en-but palois. Sur une charge puissante de Nizaam Carr, Nathan Decron est dominé, aboutissant à un essai égalisateur (24-24). Sur les images, l’ailier paloise Aaron Grandidier-Nkanang semble gêné dans son repositionnement par la proximité de M. Dickson.
Laurent Cardona nuance : « Franchement, même sans la présence de M. Dickson, je ne vois pas comment Grandidier aurait pu empêcher l’essai. Il n’aurait pas apporté de plus-value. Un autre Palois prend le contact, et il aurait été qu’en soutien pour aller dans l’en-but. Les joueurs des Bulls sont à quinze centimètres du sol. »
Son verdict est clair : « M. Dickson gêne clairement le Palois, il n’y a aucun doute, mais il n’empêche pas la défense de cet essai, qui aurait été marqué avec ou sans sa présence. »
En conclusion, si la première intervention de l’arbitre anglais dépasse les limites admissibles, la seconde ne modifie pas l’issue du match. Deux faits, deux lectures, mais une même importance : dans les matchs à haute intensité, chaque décision arbitrale peut influencer la perception générale et le déroulement d’une rencontre.







