Le débat autour d’un calendrier international unifié refait surface dans le rugby mondial, un sujet sensible qui divise depuis des décennies les hémisphères Nord et Sud. Selon Midi Olympique, les grandes fédérations se retrouveront mi-février à Londres pour tenter une nouvelle fois d’aligner les grandes compétitions internationales et d’harmoniser les saisons. Ce rendez-vous, rare et potentiellement décisif, pourrait tracer l’avenir du rugby professionnel.
Le sujet a été relancé récemment par Rassie Erasmus, sélectionneur des Springboks et double champion du monde. Lors d’une intervention, il a précisé s’exprimer à titre personnel avant de déclarer : « J’espère que ça ne va pas à l’encontre de la manière de penser de la fédération sud-africaine, et je ne veux pas faire les gros titres, mais ce serait fantastique si nous pouvions tous jouer le Rugby Championship en février, en même temps que le Tournoi des 6 Nations. Certaines équipes arrivent à plat en juin et d’autres sont à leur meilleur en novembre. Ce serait plus simple de mieux se connaître et d’être alignés. »
Cette proposition traduit une volonté d’harmoniser non seulement les calendriers, mais aussi l’application des nouvelles règles, qui sont aujourd’hui testées dans un hémisphère avant d’être adoptées dans l’autre, créant parfois des distorsions de jeu.
Derrière cette prise de position se profile aussi un intérêt stratégique pour l’Afrique du Sud. Depuis l’intégration des franchises sud-africaines à l’URC, elles évoluent selon un calendrier européen, soumettant les internationaux à des saisons très longues. Un Rugby Championship avancé en février-mars allégerait considérablement la charge des Springboks, un avantage moins évident pour la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, dont les calendriers domestiques obéissent à d’autres équilibres.
Depuis les propos d’Erasmus, le dossier est passé en coulisses, avec une réunion importante programmée mi-février à Londres. Cette rencontre regroupera les représentants des principales fédérations mondiales, déterminés à rouvrir ce chantier vieux de plus de trente ans. Chaque délégation devra présenter ses exigences et examiner les compromis possibles.
Du côté de l’hémisphère Nord, des concessions sont envisagées, notamment un décalage du Tournoi des Six Nations de deux à trois semaines pour faciliter l’alignement avec le Rugby Championship. C’est Agustín Pichot, ancien capitaine des Pumas, qui pilotera ces négociations pour la SANZAAR. Sa tâche s’annonce complexe, face aux contraintes liées au Super Rugby, aux droits télévisés et à la concurrence d’autres sports majeurs dans l’hémisphère Sud.
Malgré ces obstacles, la réunion londonienne pourrait constituer la première véritable tentative depuis longtemps de rapprocher deux mondes qui évoluent encore à des rythmes différents. Sans promesse de révolution immédiate, ce sommet pourrait toutefois poser les bases d’un calendrier international plus cohérent, lisible et équitable.
Le défi est immense. Mais pour la première fois depuis longtemps, le rugby mondial semble prêt à l’affronter de front.







