
La Fédération Française de Rugby (FFR) entre en conflit ouvert avec la Ligue Nationale de Rugby (LNR) en contestant officiellement plusieurs décisions disciplinaires jugées trop clémentes. Cette démarche rarissime vise à renforcer la discipline et le respect des arbitres dans le rugby professionnel.
Au cœur du bras de fer figurent des personnalités majeures du championnat, comme Ronan O’Gara et Janick Tarrit, dont les sanctions sont réputées insuffisantes face à la gravité des faits. La FFR affirme sa détermination : « Ce n’est pas seulement une question de dossiers individuels, mais une véritable déclaration de guerre aux incivilités. »
L’instance fédérale souhaite durcir le ton contre les comportements inacceptables sur les terrains. Dans cette logique, elle a saisi la commission d’appel pour réévaluer les sanctions, qui, selon elle, doivent être plus exemplaires afin de préserver l’intégrité du jeu et l’autorité des officiels.
Les cas de Janick Tarrit et Ronan O’Gara illustrent cette volonté de fermeté. Le talonneur du Racing 92 avait écopé d’une suspension de cinq semaines après un geste jugé « totalement intolérable » lors de la 11e journée contre le Stade Toulousain. De son côté, Ronan O’Gara, manager du Stade Rochelais, avait été suspendu deux semaines pour « manquer de respect envers l’autorité d’un officiel de match ». Pour la FFR, ces peines ne sont pas à la hauteur des infractions.
La deuxième division n’échappe pas non plus à la vigilance fédérale. Trois acteurs clés de la Pro D2, Clément Meillac (SA XV Charente Rugby), Vincent Etcheto (US Dax) et Philippe Saint-André (Provence Rugby), font l’objet d’un appel similaire pour des faits de contestation arbitrale. La Fédération refuse que ces incidents soient traités par de simples avertissements et réclame des sanctions plus sévères.
Par cette démarche, la FFR entend faire passer un message clair à l’ensemble du rugby français : « aucun écart envers le corps arbitral ne sera toléré. » Elle vise également une harmonisation des sanctions à l’échelle nationale, à travers une politique de tolérance zéro concernant les relations entre joueurs, entraîneurs et officiels.
La balle est désormais dans le camp de la commission d’appel, dont la décision sera déterminante. Elle pourrait marquer un tournant : soit vers une rigueur accrue dans la discipline, soit en confirmant l’autonomie actuelle de la LNR dans la gestion disciplinaire du rugby professionnel.







