À l’approche de la signature de la nouvelle convention entre la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et la Fédération Française de Rugby (FFR), la santé des joueurs s’impose comme une priorité incontournable. Dans un entretien accordé à *L’Équipe*, Fabien Galthié salue les avancées du futur accord tout en soulignant les contraintes particulières du rugby français face aux grandes nations mondiales.
Le 4 février prochain, la FFR et la LNR officialiseront une convention pour la période 2026-2031, centrée sur la protection physique et mentale des joueurs, y compris ceux qui ne portent pas le maillot bleu. Parmi les mesures clés, la création d’un groupe d’experts scientifiques et techniques chargés d’analyser les charges de travail et de proposer des recommandations à moyen terme.
Fabien Galthié insiste sur la spécificité du calendrier français, qui impacte directement la préparation des internationaux : « Nos joueurs jouent tellement qu’ils ont globalement moins de temps que les autres pour se préparer. Ils rentrent donc dans un rythme de match qui n’est pas tout à fait un rythme de préparation. Dans le Tournoi, on ne va pas chercher à les préparer, mais à ajuster leurs états de forme. »
Le sélectionneur détaille l’organisation très resserrée des rassemblements : « Je vais rassembler les joueurs le dimanche ou le lundi (en fonction des matches de Top 14 du week-end) et on joue le jeudi de la semaine suivante. Ça fait cinq entraînements. L’objectif est d’abord de les régénérer et ensuite d’avoir une structure collective offensive et défensive cohérente. »
Ces conditions pèsent lourd sur les cadres souvent sollicités, récemment touchés par les blessures, à l’image d’Antoine Dupont, Peato Mauvaka, Charles Ollivon, François Cros, Uini Atonio, Yoram Moefana ou Romain Ntamack. Sur ce point, Galthié rappelle une réalité physiologique incontournable : « Plus un joueur est sur le terrain, plus il risque de se blesser. C’est logique, mais il faut le dire. À un moment, il y a une courbe qui fait que la régénération, la préparation et le match, ça développe le joueur. Mais s’il n’y a pas un équilibre entre la régénération, la préparation et le match, le joueur est en danger. »
Pour le sélectionneur, le nouvel accord va dans la bonne direction, même si l’équation reste complexe : « On a essayé de construire une convention qui le prend en compte. Tout se joue sur la santé de nos meilleurs joueurs, leur accompagnement. Aujourd’hui, clairement, l’écosystème et notre organisation ne sont pas totalement propices au développement de nos meilleurs joueurs. L’équation est complexe pour eux et pour les clubs. On voit bien les contraintes que rencontrent les managers, avec qui je suis totalement en phase. Il semblerait que la convention, notamment sur la possibilité d’avoir plus de joueurs, semble aller dans ce sens. »
Enfin, Fabien Galthié souligne l’écart persistant avec les autres grandes nations du rugby mondial : « Aujourd’hui, nos adversaires n’ont clairement pas les mêmes contraintes que nous. Le calendrier des meilleures équipes au monde n’est pas le même que le nôtre. Je le sais depuis que j’ai pris le poste et je fais avec. »
Un constat lucide, partagé par ses prédécesseurs et sans doute par ses successeurs, alors que le rugby français cherche à concilier performance et préservation des joueurs dans un calendrier toujours plus exigeant.







