Depuis la tournée de novembre, le rugby français est secoué par des débats intenses autour de l’arbitrage et du hors-jeu. Mis en cause pour leur discipline dans ce domaine, les Bleus ont poussé leur sélectionneur, Fabien Galthié, à exprimer publiquement ses doutes concernant les divergences d’interprétation entre le Top 14 et la scène internationale.
Face à ces critiques, Mathieu Raynal, responsable de la cellule de haute performance de l’arbitrage, est intervenu sur RMC Sport pour clarifier la position des arbitres français.
Il a profité de cette tribune pour exposer la philosophie actuelle de World Rugby ainsi que les désaccords persistants avec l’institution.
« World Rugby met énormément de pression sur le hors-jeu pour que l’espace soit respecté. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi puisque ça permet au jeu de se développer. Il faut juste veiller à ce qu’on garde un équilibre et une justesse dans la manière de l’arbitrer. Le but, ce n’est pas de siffler des hors-jeux qui n’existent pas et à l’heure actuelle c’est un peu ce qu’on observe. Donc je suis pour qu’on soit justes sur cette question, en respectant le principe de faute claire et d’impact que la faute peut avoir sur le jeu », a-t-il expliqué.
Sur des sujets sensibles comme la sécurité des joueurs, les arbitres français n’hésitent pas à afficher leurs désaccords.
« Il y a des guidelines à World Rugby qui sont répétées avant les compétitions majeures, le 6 Nations ou la tournée de novembre. Sur certains points on est d’accord, il y en a d’autres auxquels on est opposé. On respecte l’institution mais on garde aussi un regard critique sur ce qui est mis en place pour rester vigilants à ce que l’intérêt de notre sport soit préservé. Par exemple, la ligne qui est choisie à l’heure actuelle pour traiter le jeu déloyal n’est pas acceptable à nos yeux et on l’a exprimé auprès de la direction de World Rugby », a souligné Raynal.
Il a également insisté sur un point non négociable : la protection des joueurs.
« Parce que le principe qui veut que la sécurité des joueurs soit au-dessus de tout le reste n’est pas respecté. Le jeu dangereux clair ne peut pas être traité qu’avec des exclusions de 20 minutes. Et c’est un peu la ligne choisie par World Rugby. À l’exception des morsures et coups de poing, on ne verra plus ou très peu de carton rouge définitif. Quand on a des charges à l’épaule claires, directes dans le visage de quelqu’un, on trouve anormal que ce joueur-là ne soit pas sanctionné d’un carton rouge définitif, y compris si c’est un joueur français. Parce que je le répète, on met l’intérêt général de notre sport au-dessus du reste », a-t-il affirmé avec force.
Cette prise de position ouvre un débat crucial : assistons-nous à l’émergence d’un arbitrage à deux vitesses, entre le Top 14 et l’international, où les différences d’interprétation pourraient peser lourd sur la compétitivité et l’image du rugby français ?







