Le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, s’est livré dans un entretien accordé à L’Équipe, à l’approche du Tournoi des Six Nations.
Déçu par la dernière Tournée d’automne, le technicien des Bleus ne cache pas son insatisfaction. « On n’est clairement pas satisfaits de notre tournée. On sait faire mieux. La première mi-temps du match face à l’Australie ne nous a pas plu du tout » a-t-il reconnu, soulignant la piètre performance lors de ce rendez-vous, conclu sur un score final de 48-33.
Interrogé sur la place de l’Irlande dans la compétition, Fabien Galthié balaie l’idée selon laquelle les Verts seraient « le plus gros morceau du Tournoi des Six-Nations ». « Est-ce vraiment le plus gros morceau du Tournoi ? Je ne sais pas. Il y a un drama incroyable à chaque fois dans cette compétition. C’est toujours un contexte particulier comme par exemple le fait de les jouer ici un jeudi soir », explique-t-il, soulignant l’imprévisibilité et la tension constante qui caractérisent ce rendez-vous majeur du rugby européen.
Pour le sélectionneur, le défi est autant mental que sportif : « On plonge dans l’intensité dramatique pour un an de plus. C’est impossible de savoir ce qui va se passer. Ce qui est intéressant, c’est de traverser les très bons moments comme les plus difficiles. En 2026, si je devais reprendre quelque chose qui me va bien, c’est qu’il y a une obligation de chercher à être le meilleur possible sans concession pour soi. Et c’est pour ça que j’aime ce poste de sélectionneur. Sans peur, sans crainte mais tout en sachant en fait que je ne sais pas. (Rires) Ce n’est pas Socrate qui disait ça ? (« Ce que je sais, c’est que je ne sais rien »). »
Quand on l’interroge sur la durée de sa mission, il temporise : « Ce n’est pas le sujet de notre entretien. On est concentrés sur 2026. J’aime aussi 2027 bien sûr (année de Coupe du monde en Australie). Il nous reste 17 matches. On avance sur notre évolution. Vraiment. Je ne peux pas trop me confier sur le plan stratégique mais je trouve qu’on innove plus que les autres sur certains domaines et je ne le dis pas de manière très prétentieuse. On ne fait pas que chercher, on propose aussi des choses. Et sans copier personne. Je sais où et pourquoi on est les meilleurs, mais je sais aussi où on est les plus mauvais. À moi de trouver pourquoi. C’est passionnant. »
Enfin, il rappelle l’importance du soutien du public et l’enjeu médiatique du Tournoi : « On va rentrer dans le Tournoi, un cycle à environ 40 millions de téléspectateurs cumulés sur nos matches (36,7 l’année dernière sur France 2). Ça, c’est notre travail depuis 2020. Ceux qui sont là ou pas aujourd’hui sont à l’origine de cette histoire. Ils peuvent en être fiers. On raconte quelque chose depuis six ans. Mais on doit continuer à trouver cet équilibre entre la conscience de cette lumière et la manière dont nous devons le vivre avec du détachement, car c’est un jeu. Nous sommes au service du rugby français et ça c’est très important. »







