Le 20 décembre dernier, le stade Marcel-Deflandre a retenu son souffle. Dès le coup d’envoi du match face à Bayonne, Matthias Haddad a violemment encaissé la charge du troisième ligne Leota. Le verdict est tombé sans appel : une nouvelle commotion cérébrale pour le jeune troisième ligne de 24 ans, la sixième officiellement recensée depuis 2020. Un bilan alarmant qui plonge le Stade Rochelais dans une profonde inquiétude.
**Une ascension brisée par les blessures**
Adoubé par Fabien Galthié alors qu’il évoluait encore chez les U20, Matthias Haddad affiche un talent exceptionnel, largement au-dessus de la moyenne. Pourtant, ce potentiel prometteur demeure freiné par un corps qui semble envoyer un signal clair : « stop ».
Son coéquipier Oscar Jegou exprime toute sa peine face à cette répétition tragique : « Un KO de plus, c’est le seul bémol du match. C’est compliqué. Il a vite donné de bons signaux, j’espère que cela s’arrêtera en 2026 car ça le touche tout le temps. »
**Le rendez-vous de la dernière chance ?**
Face à chaque commotion, un protocole strict doit être respecté. Mais pour Haddad, dont le contrat court jusqu’en 2028, l’inquiétude a franchi un cap. Selon *Midi Olympique*, le club a pris les devants : le joueur doit consulter en ce début d’année l’un des plus éminents spécialistes français des chocs cérébraux.
L’objectif est crucial : déterminer si son temps de récupération et l’absence de symptômes persistants (maux de tête, fatigue, troubles de la concentration) permettent encore d’envisager une carrière au plus haut niveau.
**La Rochelle : un bastion qui vacille**
L’absence prolongée de Matthias Haddad illustre un mal plus profond qui ronge le Stade Rochelais. Derrière ce drame humain, c’est la profondeur même de l’effectif maritime qui est en péril. Entre les blessures de cadres comme Danty ou Bourgarit, et la méforme de piliers du vestiaire tels que Will Skelton ou Ulupano Seuteni, le moteur rochelais semble grippé.
Incapable pour l’heure de régénérer un groupe qui a sans doute trop donné ces trois dernières saisons, le club à la caravelle tangue. Sans la fougue d’un Haddad capable d’enchaîner les plaquages, c’est tout l’équilibre défensif de Ronan O’Gara qui est à reconstruire. Pour La Rochelle, l’année 2026 débute sous le signe d’une urgence aussi bien médicale que sportive.







