Le choix audacieux de Yannick Bru a surpris le public de Chaban-Delmas. Samedi après-midi, alors que l’UBB tentait de préserver un avantage fragile face au Stade Français, le maître à jouer bordelais, Matthieu Jalibert, a été rappelé sur le banc dès la 55e minute, suscitant l’incompréhension générale.
Ce remplacement tactique a interpellé tant l’ouvreur international semblait être le seul capable de dynamiser une équipe girondine en manque de souffle. Malgré la défaite sur le score de 28-33, le manager bordelais a défendu fermement sa décision en conférence de presse. Pour Yannick Bru, la santé de son joueur et ses futures échéances avec le XV de France passaient avant le résultat du jour.
« Notre plan était clair », a-t-il insisté auprès de Midi Olympique. « L’idée principale était de demander aux internationaux de remettre un dernier coup de collier sur une grosse mi-temps. J’avais décidé que je ne voulais pas amener Matthieu dans une zone de fatigue. Il mérite de partir en équipe de France sans souci. Dans un monde idéal, il n’aurait pas débuté ce match si nous avions eu Maxime Lucu ou d’autres leaders à la charnière. Je suis conscient de ce que nous avons demandé à Matthieu, des efforts qu’il fait. Il mérite aussi de pouvoir poursuivre ses cibles personnelles avec un maximum d’atouts, même si l’UBB est sa deuxième famille. Il faut savoir protéger les joueurs à certains moments. »
Le traumatisme du mois de novembre est encore présent dans toutes les têtes. Jalibert avait dû renoncer à la tournée des Bleus après une blessure lors du dernier match avec son club. « Les joueurs ne sont pas des robots », a rappelé Bru, balayant toute idée de regret liée à ce choix.
Ce remplacement a néanmoins plongé l’UBB dans le doute. Le forfait de dernière minute de Martin Page-Relo avait déjà fragilisé la rotation. L’Irlandais Joey Carbery a dû improviser demi de mêlée avant de glisser à l’ouverture, tandis que le jeune Valentin Hutteau, tout juste remis de blessure, a été lancé plus tôt que prévu. Conscient des limites de son jeune numéro 9, dont il a reconnu qu’il n’avait pas plus de « quinze minutes dans le moteur », Bru a préféré tester la résilience mentale de son groupe : « Si nous ne sommes pas capables de tenir un score sur vingt-cinq minutes sans Matthieu Jalibert, il n’y aura rien pour nous cette saison. »
En sortant Jalibert alors qu’il était en pleine possession de ses moyens, l’UBB envoie un message clair à Fabien Galthié : Bordeaux protège ses talents. À l’approche du Tournoi des 6 Nations, et alors que ce poste de numéro 10 est scruté de près, Matthieu Jalibert rejoindra Marcoussis ce dimanche en pleine forme physique.
Un luxe pour le XV de France, mais un prix élevé pour l’UBB, qui recule au classement après ce revers à domicile.







