Présent à Édimbourg pour le lancement du Tournoi des 6 Nations 2026, Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France, a justifié ses choix audacieux, notamment l’écartement de cadres expérimentés. Pour lui, “fini le conservatisme”.
Interrogé sur la difficulté de laisser de côté des joueurs tels qu’Alldritt, Fickou ou Penaud, Galthié reconnaît que “c’est difficile” mais souligne que sa liste de 42 joueurs est le résultat “de trois semaines de travail intense”, prenant en compte blessures, équilibre d’équipe et “l’émulation”. “Une sélection, c’est une photo à l’instant T”, insiste-t-il, précisant qu’elle peut évoluer à chaque convocation.
Le sélectionneur assume une évolution importante de sa méthode : “Après six ans de vie commune, il est temps de trouver une évolution dans notre mode de construction, entre conservatisme et innovation.” Il met en avant la nécessité “de donner la chance à de jeunes joueurs qui ont un potentiel certain”, citant l’exemple de Louis Bielle-Biarrey, quasi inconnu il y a deux saisons. Ces jeunes, “entre zéro et dix sélections”, “méritent d’être vus et revus avec l’équipe de France”.
Sur la gestion des ego et la déception de ne pas être retenu, notamment chez des cadres, Galthié rappelle que “la sélection est à court terme” et que “le joueur de l’équipe de France sait qu’il n’est pas installé”. “Il faut savoir se préparer à l’émulation”, explique-t-il, soulignant que malgré leur statut de “vainqueurs sortants” du Tournoi 2025, “il est nécessaire de créer de l’émulation” en intégrant de nouveaux talents.
Concernant la charnière, souvent source de débats, le sélectionneur confirme que Matthieu Jalibert figure parmi les trois ouvreurs identifiés, aux côtés de Thomas Ramos et Romain Ntamack. Sur la question de la compatibilité Jalibert-Dupont, Galthié est rassurant : “Les matchs qu’a faits Jalibert offensivement ont toujours été très bons. La charnière se juge match après match, et ces combinaisons ont déjà été testées”. Il rappelle aussi la polyvalence de Thomas Ramos, qui a joué numéro 10 lors du dernier Tournoi.
Pour Galthié, “tous les joueurs ont besoin de confiance”, y compris le staff, et il insiste sur la nécessité pour les joueurs de gérer “l’ascenseur émotionnel” inhérent à l’équipe de France et à la compétition, “une qualité première chez les internationaux”.
Sur la question du XV de départ, le sélectionneur se montre pragmatique : “On l’a en partie, mais il y a challenge et compétition autour de 28 joueurs.” Quant à l’objectif, il préfère aborder le tournoi “match par match”, soulignant le respect porté à l’Irlande, adversaire du premier rendez-vous, “une des équipes dominantes du rugby européen depuis 15 ans”.
“Chaque match a sa propre histoire, avec des blessures et des choix stratégiques”, rappelle Galthié, qui observe que son staff a défini une stratégie claire à construire en dix jours avec les joueurs. “Nous avons du boulot, mais on est prêts à construire une organisation solide pour affronter ce tournoi si particulier.”
Visiblement enthousiaste, Fabien Galthié conclut sur un ton passionné : “Je suis tellement heureux de participer à cette compétition. Chaque journée média, c’est comme le ‘kick-off’. Voir les meilleurs coachs, joueurs et capitaines dans des lieux incroyables, qu’est-ce qu’on peut espérer de mieux quand on aime le rugby ?”







