L’annonce a secoué le sport-business français : Jacky Lorenzetti s’apprête à vendre Paris-La Défense Arena au géant nord-américain Live Nation. Estimé à environ 600 millions d’euros, ce rachat marque la fin d’une ère pour le Racing 92. Samedi, face à Lyon, une atmosphère nostalgique flottait dans les travées de Nanterre. On ne quitte pas une « cathédrale de verre » comme on quitte un simple stade de béton.
Un spectacle total que l’on ne retrouvera nulle part ailleurs
L’Arena n’est pas qu’un stade, c’est une promesse de show permanent. Avec son terrain ultra-rapide favorable aux scénarios spectaculaires, sa pénombre digne d’une salle de cinéma et une mise en scène digne d’un blockbuster, l’enceinte a redéfini les standards du rugby moderne. Ceux qui l’ont visitée, notamment nos confrères britanniques lors des rencontres européennes, en gardent un souvenir émerveillé. L’Arena est un lieu où l’on voit sans être vu, transformant le rugby en une expérience immersive totale, loin des stades battus par le vent et la pluie.
Le retour au « cocon » de Colombes en 2027
Le divorce est désormais acté. Le Racing 92 pourra encore évoluer sur sa pelouse synthétique jusqu’à la fin de l’année 2026, avant de revenir définitivement au stade Yves-du-Manoir de Colombes pour la saison 2027-2028. Le projet, séduisant, propose un « petit cocon à l’anglaise » de 14 000 places, pensé pour la proximité et l’identité Ciel et Blanc. Mais le contraste avec Nanterre sera saisissant :
– Nanterre : démesure, modernité, 30 000 spectateurs, climatisé.
– Colombes : histoire, ferveur, 14 000 places, ciel ouvert.
Pourquoi ce départ laisse-t-il un goût amer ?
Au-delà des enjeux économiques — les concerts générant des revenus bien supérieurs au rugby pour Live Nation — c’est une certaine vision du futur qui s’éloigne. L’Arena représentait une ode à la modernité, une cathédrale posée sur la dalle de la Défense qui, une fois le Racing parti, redeviendra « que » la plus grande salle de spectacle d’Europe. Comme l’a souligné cette dernière visite samedi, l’Arena manquera. Pas par manque d’amour pour Colombes, mais parce qu’elle aura été, pendant dix ans, un instant hors du temps que le rugby français n’avait jamais connu auparavant.







